Une histoire d'imprimante
du code source du AI Lab. Ils décidèrent même de maintenir une
version commune dont le code s’exécutait tant sur Twenex que sur
le système ITS.
« Un programme évoluait comme une ville », dit Stallman,
évoquant l’infrastructure logicielle du AI Lab. « Certains quartiers étaient remplacés, reconstruits ; de nouveaux éléments étaient
ajoutés. Mais il était toujours possible d’en regarder un bout et
de dire : ‘Bon, d’après le style, cette partie a été écrite dans les
années 1960 et cette autre au milieu des années 1970’. »
Ce système simple de capitalisation intellectuelle mis en place
par les hackers au AI Lab donna naissance à bien des programmes
robustes. Même si ceux qui baignaient dans cette culture ne se
disaient pas « hackers », la plupart convenaient du fait qu’un programme — ou l’un de ses correctifs — assez bon pour résoudre un
problème pouvait servir à d’autres. Y avait-il une quelconque raison de ne pas le partager, ne serait-ce que par le plus élémentaire
altruisme ?
Cet esprit de coopération fut peu à peu sapé par le secret commercial et l’appât du gain, ce qui conduisit parfois à des situations
bancales, entre partage et cloisonnement. Ainsi les chercheurs de
l’université de Californie à Berkeley avaient-ils élaboré un puissant
système d’exploitation nommé BSD (Berkeley Software Distribution) à partir du système Unix qu’ils avaient obtenu d’AT&T.
L’université distribuait BSD pour le simple coût de la copie sur
bande, mais uniquement aux écoles justifiant de 50 000 dollars
de licence chez AT&T. Les hackers de Berkeley s’accommodaient
de cette contrainte tant qu’AT&T les laissait faire, sans percevoir
alors de conflit entre les deux pratiques.
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