Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Depuis lors, Moglen, peut-être plus que quiconque, a été à
même d’observer la transposition des principes philosophiques hackers de Stallman dans la sphère juridique. Selon lui, Stallman
appréhende les codes juridique et logiciel d’une manière largement
similaire.
« En tant qu’avocat, je dois avouer que l’idée qui voudrait
qu’on supprime tous les bogues d’un texte de loi n’a pas vraiment
de sens, dit Moglen. Il y a une certaine dose d’incertitude dans
tout processus juridique, et les avocats cherchent à l’exploiter au
bénéfice de leur client. L’objectif de Richard est complètement à
l’opposé. Son but est de supprimer l’incertitude, ce qui est tout
bonnement impossible. Il est intrinsèquement impossible de rédiger une licence qui tienne compte de toutes les circonstances dans
tous les systèmes juridiques à travers le monde entier. Mais si
jamais vous essayez de le faire, il faudrait le faire à la façon de
Richard. Et l’élégance, la simplicité dans la conception de départ
qui en résultent atteignent au mieux l’objectif fixé. À partir de là,
avec un peu de travail de juriste, vous pouvez aller loin. »
Chargé de promouvoir les objectifs de Stallman, Moglen comprend la frustration de ses alliés potentiels. « Richard est un
homme qui ne veut faire aucune concession sur les questions qu’il
considère comme fondamentales, dit-il, et il accepte difficilement
qu’on joue sur les mots ou même qu’on cherche le flou artistique
— ce qu’on est bien souvent amené à faire dans la société. »
En plus d’aider la FSF, Moglen dispensa un soutien juridique à
ceux qui étaient attaqués pour violation de copyright, tels Dmitri
Sklyarov ou les distributeurs du programme de décryptage de DVD
appelé DeCSS.
Employé par une société russe, Sklyarov avait écrit et publié
un programme permettant de briser le verrouillage anti-copie des
livres électroniques d’Adobe. En Russie, aucune loi ne l’interdisait.
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