GNU/Linux
l’avait remarqué Murdock, la volonté de traiter Linux comme
un système d’exploitation entièrement libre était loin de faire
l’unanimité.
Fin 1993, la population totale des utilisateurs de Linux était
passée d’une douzaine de fans à un chiffre situé entre vingt mille
et cent mille personnes 8 . Ce qui n’était au début qu’un hobby
constituait désormais un marché mûr pour l’exploitation, et certains ne voyaient aucune objection à en tirer profit avec du logiciel
non libre. Tel Winston Churchill observant les troupes soviétiques
déferler sur Berlin, Stallman éprouvait un sentiment mitigé bien
compréhensible à l’heure de célébrer la « victoire » de GNU/Linux 9 .
] ] ]
Or, bien qu’en retard à la fête, Stallman avait toujours de
l’influence. Aussitôt que la FSF eut annoncé qu’elle fournirait son
argent et son soutien moral au projet logiciel de Murdock, les
autres offres de soutien commencèrent à affluer. Murdock baptisa
le nouveau projet Debian — fusion du prénom de sa femme, Deborah, et du sien — et en quelques semaines, la première version
de la distribution fut livrée. Selon ses propres mots, « [l’appui de
8. Les chiffres concernant la population des utilisateurs de GNU/Linux
sont on ne peut plus lacunaires, d’où l’étendue de la marge que j’avance ici.
Le chiffre 100 000 provient du site de Red Hat « Milestones » .
9. J’avais déjà écrit cette analogie avec Winston Churchill quand Stallman
m’envoya de lui-même son propre commentaire sur Churchill : « La seconde
guerre mondiale et la détermination nécessaire pour vaincre ont été des souvenirs prédominants durant mon enfance. Les déclarations telles que celle de
Churchill — ‘Nous les combattrons sur les zones de débarquement, nous les
combattrons sur les plages… jamais nous ne nous rendrons !’ — ont toujours
retenti en moi. »
213
l’avait remarqué Murdock, la volonté de traiter Linux comme
un système d’exploitation entièrement libre était loin de faire
l’unanimité.
Fin 1993, la population totale des utilisateurs de Linux était
passée d’une douzaine de fans à un chiffre situé entre vingt mille
et cent mille personnes 8 . Ce qui n’était au début qu’un hobby
constituait désormais un marché mûr pour l’exploitation, et certains ne voyaient aucune objection à en tirer profit avec du logiciel
non libre. Tel Winston Churchill observant les troupes soviétiques
déferler sur Berlin, Stallman éprouvait un sentiment mitigé bien
compréhensible à l’heure de célébrer la « victoire » de GNU/Linux 9 .
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Or, bien qu’en retard à la fête, Stallman avait toujours de
l’influence. Aussitôt que la FSF eut annoncé qu’elle fournirait son
argent et son soutien moral au projet logiciel de Murdock, les
autres offres de soutien commencèrent à affluer. Murdock baptisa
le nouveau projet Debian — fusion du prénom de sa femme, Deborah, et du sien — et en quelques semaines, la première version
de la distribution fut livrée. Selon ses propres mots, « [l’appui de
8. Les chiffres concernant la population des utilisateurs de GNU/Linux
sont on ne peut plus lacunaires, d’où l’étendue de la marge que j’avance ici.
Le chiffre 100 000 provient du site de Red Hat « Milestones » .
9. J’avais déjà écrit cette analogie avec Winston Churchill quand Stallman
m’envoya de lui-même son propre commentaire sur Churchill : « La seconde
guerre mondiale et la détermination nécessaire pour vaincre ont été des souvenirs prédominants durant mon enfance. Les déclarations telles que celle de
Churchill — ‘Nous les combattrons sur les zones de débarquement, nous les
combattrons sur les plages… jamais nous ne nous rendrons !’ — ont toujours
retenti en moi. »
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