Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Les difficultés du projet GNU durant la période 1990-1993 ont
fait couler beaucoup d’encre. Tandis que certains blâment Stallman, Eric Raymond, un de ses vieux amis qui avait soutenu le
projet GNU sans grand enthousiasme, affirme que le problème
était en grande partie institutionnel. « La FSF est devenue arrogante, explique-t-il. Ils se sont écartés de leur but, qui était de
faire un système d’exploitation fonctionnel, pour faire un système
d’exploitation expérimental ». Pire encore : « Ils se croyaient hors
d’atteinte de tout ce qui se passait en dehors d’eux-mêmes. »
Murdock porte un jugement moins sévère : « Je pense que le
problème est qu’ils étaient un peu trop ambitieux et qu’ils ont
dépensé de l’argent pour rien. Au tournant des années 1990, les
micro-noyaux étaient à la mode. Malheureusement, c’est à ce moment que le projet GNU a commencé à concevoir son propre noyau.
Il s’est donc créé un très gros bagage, et il aurait fallu beaucoup
d’efforts pour revenir en arrière. »
Et Stallman de réagir : « L’arrogance perçue par Raymond est
un pur fruit de son imagination. Par contre, il voit juste quant à
l’une des causes du retard de Hurd : son développeur a repensé
et récrit à plusieurs reprises des portions importantes du code,
en fonction de ce qu'il avait appris, au lieu d’essayer de rendre le
noyau opérationnel le plus rapidement possible. C’était une bonne
habitude de conception, mais elle n’était pas adaptée à notre objectif d’obtenir quelque chose de fonctionnel le plus tôt possible. »
Stallman évoque encore d’autres raisons à ce retard. D’une
part, les procès Lotus et Apple réquisitionnaient en grande partie
son attention ; d’autre part, des douleurs à la main, en l’empêchant
supérieures à GNU/Linux tant sur les performances que sur la sécurité, le
nombre de leurs utilisateurs ne représente qu’une fraction de celui des utilisateurs de GNU/Linux. Pour une analyse du succès de ce dernier en comparaison
des autres systèmes libres, se référer à l’ouvrage du hacker néo-zélandais Liam
Greenwood [Greenwood, 1999].
210
Les difficultés du projet GNU durant la période 1990-1993 ont
fait couler beaucoup d’encre. Tandis que certains blâment Stallman, Eric Raymond, un de ses vieux amis qui avait soutenu le
projet GNU sans grand enthousiasme, affirme que le problème
était en grande partie institutionnel. « La FSF est devenue arrogante, explique-t-il. Ils se sont écartés de leur but, qui était de
faire un système d’exploitation fonctionnel, pour faire un système
d’exploitation expérimental ». Pire encore : « Ils se croyaient hors
d’atteinte de tout ce qui se passait en dehors d’eux-mêmes. »
Murdock porte un jugement moins sévère : « Je pense que le
problème est qu’ils étaient un peu trop ambitieux et qu’ils ont
dépensé de l’argent pour rien. Au tournant des années 1990, les
micro-noyaux étaient à la mode. Malheureusement, c’est à ce moment que le projet GNU a commencé à concevoir son propre noyau.
Il s’est donc créé un très gros bagage, et il aurait fallu beaucoup
d’efforts pour revenir en arrière. »
Et Stallman de réagir : « L’arrogance perçue par Raymond est
un pur fruit de son imagination. Par contre, il voit juste quant à
l’une des causes du retard de Hurd : son développeur a repensé
et récrit à plusieurs reprises des portions importantes du code,
en fonction de ce qu'il avait appris, au lieu d’essayer de rendre le
noyau opérationnel le plus rapidement possible. C’était une bonne
habitude de conception, mais elle n’était pas adaptée à notre objectif d’obtenir quelque chose de fonctionnel le plus tôt possible. »
Stallman évoque encore d’autres raisons à ce retard. D’une
part, les procès Lotus et Apple réquisitionnaient en grande partie
son attention ; d’autre part, des douleurs à la main, en l’empêchant
supérieures à GNU/Linux tant sur les performances que sur la sécurité, le
nombre de leurs utilisateurs ne représente qu’une fraction de celui des utilisateurs de GNU/Linux. Pour une analyse du succès de ce dernier en comparaison
des autres systèmes libres, se référer à l’ouvrage du hacker néo-zélandais Liam
Greenwood [Greenwood, 1999].
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