Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
une nouvelle génération d’utilisateurs accès aux logiciels conçus
par les hackers. Et si le projet GNU n’avait pas encore atteint son
objectif de fournir un système d’exploitation libre complètement
opérationnel, il était déjà possible d’essayer sa variante GNU/Linux.
Quelle que soit la façon d’aborder les choses, les nouvelles
étaient bonnes, du moins en apparence. Après dix années de lutte,
les hackers et leurs valeurs finissaient par faire école au sein du
grand public. Des valeurs que les gens finissaient, semblait-il, par
comprendre peu à peu.
Mais était-ce vraiment le cas ? À chaque signe positif, les pessimistes voyaient, quant à eux, une contrepartie inquiétante.
Certes, être un hacker était soudain à la mode, mais étaitce une bonne chose que d’être à la mode pour une communauté
construite dans la marginalité ? Certes, la Maison Blanche ne tarissait pas d’éloges au sujet de l’Internet, jusqu’à avoir créé son
propre nom de domaine, whitehouse.gov, mais il y avait aussi
les entreprises, les comités de censures et les représentants de
l’exécutif qui n’attendaient qu’une chose : soumettre ce territoire
indompté qu’était alors la culture Internet. Certes, les PC avaient
gagné en puissance, mais en inondant le marché de ses puces, Intel
avait favorisé la mainmise des marchands de logiciels non libres.
Pour chaque utilisateur gagné à la cause du logiciel libre
grâce à GNU/Linux, des centaines, voire des milliers, faisaient
leur premiers pas sous Microsoft Windows. En effet, les interfaces graphiques de GNU/Linux étant alors des plus rudimentaires, l’emploi de ce système était peu aisé. En 1993, seuls les
spécialistes pouvaient l’utiliser. Les premières tentatives du projet
GNU visant à développer une interface graphique n’avaient encore
jamais abouti.
204
une nouvelle génération d’utilisateurs accès aux logiciels conçus
par les hackers. Et si le projet GNU n’avait pas encore atteint son
objectif de fournir un système d’exploitation libre complètement
opérationnel, il était déjà possible d’essayer sa variante GNU/Linux.
Quelle que soit la façon d’aborder les choses, les nouvelles
étaient bonnes, du moins en apparence. Après dix années de lutte,
les hackers et leurs valeurs finissaient par faire école au sein du
grand public. Des valeurs que les gens finissaient, semblait-il, par
comprendre peu à peu.
Mais était-ce vraiment le cas ? À chaque signe positif, les pessimistes voyaient, quant à eux, une contrepartie inquiétante.
Certes, être un hacker était soudain à la mode, mais étaitce une bonne chose que d’être à la mode pour une communauté
construite dans la marginalité ? Certes, la Maison Blanche ne tarissait pas d’éloges au sujet de l’Internet, jusqu’à avoir créé son
propre nom de domaine, whitehouse.gov, mais il y avait aussi
les entreprises, les comités de censures et les représentants de
l’exécutif qui n’attendaient qu’une chose : soumettre ce territoire
indompté qu’était alors la culture Internet. Certes, les PC avaient
gagné en puissance, mais en inondant le marché de ses puces, Intel
avait favorisé la mainmise des marchands de logiciels non libres.
Pour chaque utilisateur gagné à la cause du logiciel libre
grâce à GNU/Linux, des centaines, voire des milliers, faisaient
leur premiers pas sous Microsoft Windows. En effet, les interfaces graphiques de GNU/Linux étant alors des plus rudimentaires, l’emploi de ce système était peu aisé. En 1993, seuls les
spécialistes pouvaient l’utiliser. Les premières tentatives du projet
GNU visant à développer une interface graphique n’avaient encore
jamais abouti.
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