Genèse de la Licence publique générale de GNU (GNU GPL)
Bell, il croisa des développeurs de chez AT&T, qui luttaient pour
atteindre le même objectif.
« Il y avait quarante ou cinquante personnes dans la salle,
et j’ai demandé combien travaillaient sur le compilateur natif, se
rappelle Tiemann. Mon hôte m’a répondu que l’information était
confidentielle, mais a ajouté que si je regardais dans la pièce, je
pouvais m’en faire une bonne idée. »
Peu après, poursuit-il, il eut comme une révélation. « J’avais
travaillé sur ce projet pendant six mois. Je me suis simplement
dit : ‘qu’il s’agisse de moi ou du code, voilà un niveau d’efficacité
que le marché du logiciel libre devrait pouvoir récompenser’. »
Tiemann trouva une inspiration supplémentaire dans le Manifeste GNU, qui, bien que fustigeant l’avidité des entreprises de
logiciels privateurs, encourageait les compagnies, tant qu’elles respectaient la liberté des utilisateurs, à utiliser et distribuer du logiciel libre dans leurs activités commerciales. En supprimant le
pouvoir d’établir des monopoles dans le commerce des logiciels,
la GPL offrait la possibilité, même aux petites entreprises, de se
battre sur le marché des services, ce qui allait du simple support
technique à la formation, en passant par l’adaptation des logiciels
aux besoins spécifiques des clients.
Dans un essai daté de 1999, Tiemann rappelait l’impact du
Manifeste de Stallman. « Ça ressemblait à de la polémique socialiste, mais j’y ai vu quelque chose de différent. J’y ai vu un business
plan caché. » 15
Si ce modèle économique n’était pas nouveau (Stallman luimême l’avait soutenu à la fin des années 1980), Tiemann avait
l’intention de l’étendre à grande échelle. Faisant équipe avec John
Gilmore et David Vinayak Wallace, il lança un service de conseil
15. Tiemann, 1999
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