Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
système d’exploitation toujours plus présent sur les machines de
capacités équivalentes à l’ancien PDP-10.
Pour faciliter le portage, les développeurs d’Unix ajoutèrent
une couche d’abstraction entre le logiciel et la machine. Plutôt
que d’écrire du code spécifiquement pour une machine donnée —
comme cela avait été le cas avec l’ITS et le PDP-10 — ils utilisèrent un langage de haut niveau appelé C. Ils se concentrèrent
sur les interfaces et les spécifications liant entre eux les nombreux
sous-composants du système d’exploitation, au lieu de s’attacher
exclusivement aux composants eux-mêmes. Ainsi créèrent-ils un
système qui pouvait facilement être adapté pour s’exécuter sur
n’importe quel type de machine. Si un utilisateur n’était pas satisfait d’un composant, il lui était alors possible, via ces interfaces,
d’en retirer une partie spécifique pour le corriger, ou de le remplacer. En bref, l’approche d’Unix mettait en avant flexibilité et
économie, d’où son adoption rapide 4 .
] ] ]
La décision d’amorcer le développement du système GNU avait
été provoquée par l’abandon de l’ITS, système que les hackers du
AI Lab avaient passé tant de temps à perfectionner. La mort du
programme, qui signifait aussi celle de la communauté qui le soutenait, fut un coup dur pour Stallman. Si l’épisode de l’imprimante
laser Xerox lui avait ouvert les yeux sur l’iniquité de la privatisation des logiciels, l’anéantissement de la communauté le mettait
face à un choix cornélien : capituler et rejoindre le camp privateur,
ou s’y opposer.
À l’instar de son code source, les causes de la mort de l’ITS
étaient profondément enracinées dans le passé. En 1980, la plupart
4. Stallman, 1983, loc. cit. ; Ibid., p.38
128
système d’exploitation toujours plus présent sur les machines de
capacités équivalentes à l’ancien PDP-10.
Pour faciliter le portage, les développeurs d’Unix ajoutèrent
une couche d’abstraction entre le logiciel et la machine. Plutôt
que d’écrire du code spécifiquement pour une machine donnée —
comme cela avait été le cas avec l’ITS et le PDP-10 — ils utilisèrent un langage de haut niveau appelé C. Ils se concentrèrent
sur les interfaces et les spécifications liant entre eux les nombreux
sous-composants du système d’exploitation, au lieu de s’attacher
exclusivement aux composants eux-mêmes. Ainsi créèrent-ils un
système qui pouvait facilement être adapté pour s’exécuter sur
n’importe quel type de machine. Si un utilisateur n’était pas satisfait d’un composant, il lui était alors possible, via ces interfaces,
d’en retirer une partie spécifique pour le corriger, ou de le remplacer. En bref, l’approche d’Unix mettait en avant flexibilité et
économie, d’où son adoption rapide 4 .
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La décision d’amorcer le développement du système GNU avait
été provoquée par l’abandon de l’ITS, système que les hackers du
AI Lab avaient passé tant de temps à perfectionner. La mort du
programme, qui signifait aussi celle de la communauté qui le soutenait, fut un coup dur pour Stallman. Si l’épisode de l’imprimante
laser Xerox lui avait ouvert les yeux sur l’iniquité de la privatisation des logiciels, l’anéantissement de la communauté le mettait
face à un choix cornélien : capituler et rejoindre le camp privateur,
ou s’y opposer.
À l’instar de son code source, les causes de la mort de l’ITS
étaient profondément enracinées dans le passé. En 1980, la plupart
4. Stallman, 1983, loc. cit. ; Ibid., p.38
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