Une morale à l’épreuve
en place un système de fichiers résistant aux pannes et deux systèmes de
fenêtrage pour machines Lisp.
Le destin a finalement voulu que le projet fou de Stallman, le
projet GNU, ne soit pas lancé en ce jour de Thanksgiving. Ce ne fut
qu’en janvier 1984 que Stallman, tenant sa promesse, s’immergea
entièrement dans le développement de programmes Unix. Pour un
architecte logiciel nourri au lait de l’ITS, c’était comme concevoir un petit centre commercial en banlieue après avoir rêvé de
palais mauresques. Néanmoins, bâtir un système d’exploitation
de type Unix avait certains avantages insoupçonnés. Car malgré
sa puissance, l’ITS avait également un talon d’Achille : les développeurs du MIT l’avaient écrit spécifiquement pour la puissante
architecture du PDP-10. Quand les administrateurs du AI Lab
choisirent de remplacer cette machine au début des années 1980,
le système d’exploitation, comparé jusqu’alors par les hackers à
une cité grouillante d’activité, ne fut subitement plus qu’une ville
fantôme.
Unix, à l’inverse, avait été conçu pour le portage, ce qui
l’immunisait contre un tel danger. À l’origine développé par
les jeunes chercheurs d’AT&T, le programme avait échappé au
contrôle des dirigeants de l’entreprise et trouvé la terre promise
dans le monde des systèmes informatiques universitaires, moins
soucieux des contingences matérielles. Disposant de ressources plus
limitées que celles de leurs frères du MIT, les développeurs d’Unix
avaient adapté le logiciel pour qu’il puisse piloter un assortiment
de matériels des plus divers : le PDP-11 16 bits, tout d’abord,
considéré par les hackers du AI Lab comme une machine adaptée
uniquement aux petits travaux, mais aussi, plus tard, les unités
centrales 32 bits telles le VAX 11/780. En 1983, quelques sociétés, parmi lesquelles Sun Microsystems, notamment, avaient lancé
le développement d’une génération d’ordinateurs de bureau plus
puissants baptisés « stations de travail », afin de tirer profit de ce
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en place un système de fichiers résistant aux pannes et deux systèmes de
fenêtrage pour machines Lisp.
Le destin a finalement voulu que le projet fou de Stallman, le
projet GNU, ne soit pas lancé en ce jour de Thanksgiving. Ce ne fut
qu’en janvier 1984 que Stallman, tenant sa promesse, s’immergea
entièrement dans le développement de programmes Unix. Pour un
architecte logiciel nourri au lait de l’ITS, c’était comme concevoir un petit centre commercial en banlieue après avoir rêvé de
palais mauresques. Néanmoins, bâtir un système d’exploitation
de type Unix avait certains avantages insoupçonnés. Car malgré
sa puissance, l’ITS avait également un talon d’Achille : les développeurs du MIT l’avaient écrit spécifiquement pour la puissante
architecture du PDP-10. Quand les administrateurs du AI Lab
choisirent de remplacer cette machine au début des années 1980,
le système d’exploitation, comparé jusqu’alors par les hackers à
une cité grouillante d’activité, ne fut subitement plus qu’une ville
fantôme.
Unix, à l’inverse, avait été conçu pour le portage, ce qui
l’immunisait contre un tel danger. À l’origine développé par
les jeunes chercheurs d’AT&T, le programme avait échappé au
contrôle des dirigeants de l’entreprise et trouvé la terre promise
dans le monde des systèmes informatiques universitaires, moins
soucieux des contingences matérielles. Disposant de ressources plus
limitées que celles de leurs frères du MIT, les développeurs d’Unix
avaient adapté le logiciel pour qu’il puisse piloter un assortiment
de matériels des plus divers : le PDP-11 16 bits, tout d’abord,
considéré par les hackers du AI Lab comme une machine adaptée
uniquement aux petits travaux, mais aussi, plus tard, les unités
centrales 32 bits telles le VAX 11/780. En 1983, quelques sociétés, parmi lesquelles Sun Microsystems, notamment, avaient lancé
le développement d’une génération d’ordinateurs de bureau plus
puissants baptisés « stations de travail », afin de tirer profit de ce
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