Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
a tellement de produits différents que je n’ai jamais vus aux ÉtatsUnis, des produits locaux faits de champignons et de légumes de la
région. C’en était au point que je tenais un journal pour détailler
chacun de ces merveilleux repas ! »
La conversation se tourna vers la cuisine coréenne. Durant sa
tournée asiatique en juin 2000, Stallman était allé visiter la Corée
du Sud. Son arrivée avait enflammé les médias locaux. En effet,
la même semaine, Bill Gates, le fondateur et PDG de Microsoft,
participait là-bas à une conférence sur les logiciels. Outre sa photo
juste au-dessus de celle de Gates à la Une du plus grand journal de
Séoul, Stallman considérait la nourriture comme le summum du
voyage : « On m’a servi un bol de naeng myun, des nouilles froides.
Elles procurent une sensation intéressante. Selon les régions, on
n’utilise pas tout à fait le même genre de nouilles pour le naeng
myun, et je peux dire avec une certitude absolue que c’était le
naeng myun le plus exquis que j’aie jamais goûté. »
Le terme « exquis » était une authentique louange de la part de
Stallman. Je devais vite m’en rendre compte, car quelques instants
après avoir entendu sa rhapsodie en l’honneur des naeng myun, je
sentis le faisceau laser de ses yeux brûler par dessus mon épaule
droite. « Il y a une femme des plus exquises assise juste derrière
vous », indiqua-t-il.
Je me tournai pour regarder, apercevant du coin de l’oeil le
dos d’une femme. Elle était jeune, dans la vingtaine, et portait
une robe blanche cousue de paillettes. Elle et son compagnon de
table réglaient la note. Je n’eus pas à les regarder pour savoir
qu’ils avaient quitté le restaurant car les yeux de mon interlocuteur
perdirent soudainement de leur intensité. « Oh, non ! » dit-il. « Ils
sont partis. Et dire que je ne la reverrai probablement jamais. »
Après un bref soupir, Stallman se ressaisit.
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