Une oasis de liberté
lever les yeux, je trouvai ceux de Stallman qui m’attendaient, impassibles. Timidement, un second journaliste posa une question,
en s’assurant bien d’utiliser l’expression « GNU/Linux », et non
« Linux ». Miguel de Icaza, le leader du projet Gnome, répondit.
Ce ne fut qu’à la moitié de la réponse d’Icaza que les yeux de
Stallman se détachèrent des miens. À cette seconde, je sentis un
léger frisson me parcourir . Lorsque Stallman commença à faire la
leçon à un autre journaliste sur une erreur de diction, je sentis une
pointe de soulagement culpabilisante. « Au moins, il n’est pas en
train de me regarder », pensai-je.
Pour Stallman, ce genre de confrontation avait son utilité.
Vers la fin de la première convention LinuxWorld, la plupart des
journalistes savaient qu’il ne fallait pas utiliser le terme « Linux » devant lui, et wired.com était prêt à publier une histoire
comparant Stallman à un révolutionnaire pré-stalinien effacé des
livres d’histoire par les hackers et les entrepreneurs, désireux de
minimiser l’importance des objectifs trop politisés de son projet 6 . D’autres articles suivirent ; peu de journalistes utilisaient
l’appellation GNU/Linux dans leurs écrits, mais la plupart étaient
prompts à reconnaître Stallman comme l’instigateur du mouvement pour créer un système d’exploitation libre, quinze ans plus
tôt.
] ] ]
Je ne devais rencontrer à nouveau Stallman que dix-sept mois
plus tard. Entre temps, il visita la Silicon Valley une fois de plus
pour la convention « LinuxWorld Show », en août 1999. Bien qu’il
ne fût pas invité à y donner de discours, Stallman s’y fit tout de
même l’auteur de la plus belle phrase de l’événement. Alors qu’il
6. Voir Leander Kahney, op. cit.
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lever les yeux, je trouvai ceux de Stallman qui m’attendaient, impassibles. Timidement, un second journaliste posa une question,
en s’assurant bien d’utiliser l’expression « GNU/Linux », et non
« Linux ». Miguel de Icaza, le leader du projet Gnome, répondit.
Ce ne fut qu’à la moitié de la réponse d’Icaza que les yeux de
Stallman se détachèrent des miens. À cette seconde, je sentis un
léger frisson me parcourir . Lorsque Stallman commença à faire la
leçon à un autre journaliste sur une erreur de diction, je sentis une
pointe de soulagement culpabilisante. « Au moins, il n’est pas en
train de me regarder », pensai-je.
Pour Stallman, ce genre de confrontation avait son utilité.
Vers la fin de la première convention LinuxWorld, la plupart des
journalistes savaient qu’il ne fallait pas utiliser le terme « Linux » devant lui, et wired.com était prêt à publier une histoire
comparant Stallman à un révolutionnaire pré-stalinien effacé des
livres d’histoire par les hackers et les entrepreneurs, désireux de
minimiser l’importance des objectifs trop politisés de son projet 6 . D’autres articles suivirent ; peu de journalistes utilisaient
l’appellation GNU/Linux dans leurs écrits, mais la plupart étaient
prompts à reconnaître Stallman comme l’instigateur du mouvement pour créer un système d’exploitation libre, quinze ans plus
tôt.
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Je ne devais rencontrer à nouveau Stallman que dix-sept mois
plus tard. Entre temps, il visita la Silicon Valley une fois de plus
pour la convention « LinuxWorld Show », en août 1999. Bien qu’il
ne fût pas invité à y donner de discours, Stallman s’y fit tout de
même l’auteur de la plus belle phrase de l’événement. Alors qu’il
6. Voir Leander Kahney, op. cit.
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