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DDT
critiquées. D'abord il y a interférence avec une autre classe de
produits synthétiques modernes, les biphényles chlorés (PCB◊) qui
ont été utilisés dans de nombreuses applications depuis vingt ans
(imperméabilisants,
adhésifs, fluides hydrauliques, appareillages
électriques, compositions plastiques). On a donc attribué au DDT
relativement peu toxique une part de présence due en réalité aux
PCB dont certains sont de toxicité élevée. D'autre part, la signification de certaines analyses reste problématique quand on sait qu'à
l'Université du Wisconsin, un biochimiste de bonne réputation, le Dr
Th. H. Jukes a montré que ces méthodes mentionnaient la présence
d'organochlorés dans 32 échantillons de terre conservés depuis 1910
en flacons étanches! Le danger d'une accumulation du DDT ne peut
cependant être nié dans les chaînes alimentaires, en particulier en
milieu aquatique. Si les micro-organismes ne renferment que quelques parts par milliard, les mollusques qui s'en nourrissent peuvent
monter à 100 ppm, les petits poissons à plusieurs centaines, les
oiseaux qui s'en nourrissent accumulent le DDT dans les graisses, le
foie, à des doses qui peuvent être mortelles. Des effets tératogènes ont
également été mis en évidence, de même qu'un déficit en calcium
entraînant la fragilité des coquilles d'œufs.
L'opinion publique a été alertée dès 1962 par le célèbre livre de
Rachel Carson◊, Le Printemps silencieux dont l'alarmisme peu scienti•
fique a été critiqué par les spécialistes, mais qui n'en a pas moins
obtenu gain de causo dix ans• plus tard, en particulier lorsqu'après
' avoir fixé une norme de 5 ppm pour l'alimentation humaine, on a
constaté que cette teneur était atteinte èt même dépassée chez l'être
humain aux Etats-Unis, ce qui a permis d'affirmer avec ironie que
!'Américain moyen était impropre à la consommation. On s'est
inquiété aussi de la présence du DDT dans le lait maternel. On a
relevé au Guatémala de 0,4 à 12 mg/kg ou ppm avec une moyenne
de 3,l. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Suède, on a
déterminé des doses journalières de 0,015 à 0,020 mg par kg, mises
en regard des 0,005 recommandés par l'OMS en 1969, Il s'agit, en
réalité, de quantités extrêmement faibles, dosées grâce à la sensibilité
des méthodes modernes d'analyse. Celles-ci, appliquées avec la
même rigueur, aux conséquences de l'ingestion d'alcool ou de la
consommation de tabac, mettraient en évidence des taux au moins ·
comparables de produits au moins aussi peu recommandables, mais -il
y a beaucoup d'indulgence pour les produits incrustés dans, des
traditions culturelles et sociales. Les inquiétudes concernant le DDT
reposent donc sur des bases très inégales. L'exposition est beaucoup
plus grave dans certaines régions (Guatémala, par exemple) vis-à-vis
d'autres. D'autre part, les nourrissons paraissent exposés par l'inter·
médiaire de l'allaitement maternel, à une accumulation plus forte
que celle mesurée chez les adultes. Enfin, le DDT semble, selon
des études récentes, induire des enzymes au niveau du foie avec des
conséquences métaboliques complexes.
Sans attendre la mise en évidence irréfutable d'une altération de la
santé humaine, des recommandations furent faites, des mesures furent
prises, aux Etats-Unis d'abord (1970), dans certains pays européens
DDT
critiquées. D'abord il y a interférence avec une autre classe de
produits synthétiques modernes, les biphényles chlorés (PCB◊) qui
ont été utilisés dans de nombreuses applications depuis vingt ans
(imperméabilisants,
adhésifs, fluides hydrauliques, appareillages
électriques, compositions plastiques). On a donc attribué au DDT
relativement peu toxique une part de présence due en réalité aux
PCB dont certains sont de toxicité élevée. D'autre part, la signification de certaines analyses reste problématique quand on sait qu'à
l'Université du Wisconsin, un biochimiste de bonne réputation, le Dr
Th. H. Jukes a montré que ces méthodes mentionnaient la présence
d'organochlorés dans 32 échantillons de terre conservés depuis 1910
en flacons étanches! Le danger d'une accumulation du DDT ne peut
cependant être nié dans les chaînes alimentaires, en particulier en
milieu aquatique. Si les micro-organismes ne renferment que quelques parts par milliard, les mollusques qui s'en nourrissent peuvent
monter à 100 ppm, les petits poissons à plusieurs centaines, les
oiseaux qui s'en nourrissent accumulent le DDT dans les graisses, le
foie, à des doses qui peuvent être mortelles. Des effets tératogènes ont
également été mis en évidence, de même qu'un déficit en calcium
entraînant la fragilité des coquilles d'œufs.
L'opinion publique a été alertée dès 1962 par le célèbre livre de
Rachel Carson◊, Le Printemps silencieux dont l'alarmisme peu scienti•
fique a été critiqué par les spécialistes, mais qui n'en a pas moins
obtenu gain de causo dix ans• plus tard, en particulier lorsqu'après
' avoir fixé une norme de 5 ppm pour l'alimentation humaine, on a
constaté que cette teneur était atteinte èt même dépassée chez l'être
humain aux Etats-Unis, ce qui a permis d'affirmer avec ironie que
!'Américain moyen était impropre à la consommation. On s'est
inquiété aussi de la présence du DDT dans le lait maternel. On a
relevé au Guatémala de 0,4 à 12 mg/kg ou ppm avec une moyenne
de 3,l. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Suède, on a
déterminé des doses journalières de 0,015 à 0,020 mg par kg, mises
en regard des 0,005 recommandés par l'OMS en 1969, Il s'agit, en
réalité, de quantités extrêmement faibles, dosées grâce à la sensibilité
des méthodes modernes d'analyse. Celles-ci, appliquées avec la
même rigueur, aux conséquences de l'ingestion d'alcool ou de la
consommation de tabac, mettraient en évidence des taux au moins ·
comparables de produits au moins aussi peu recommandables, mais -il
y a beaucoup d'indulgence pour les produits incrustés dans, des
traditions culturelles et sociales. Les inquiétudes concernant le DDT
reposent donc sur des bases très inégales. L'exposition est beaucoup
plus grave dans certaines régions (Guatémala, par exemple) vis-à-vis
d'autres. D'autre part, les nourrissons paraissent exposés par l'inter·
médiaire de l'allaitement maternel, à une accumulation plus forte
que celle mesurée chez les adultes. Enfin, le DDT semble, selon
des études récentes, induire des enzymes au niveau du foie avec des
conséquences métaboliques complexes.
Sans attendre la mise en évidence irréfutable d'une altération de la
santé humaine, des recommandations furent faites, des mesures furent
prises, aux Etats-Unis d'abord (1970), dans certains pays européens
