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a. Penser chacun des maillons reliant la recherche, l’offre et la demande
Le questionnaire destiné aux intégrateurs, conçu comme complémentaire à celui des entreprises
utilisatrices d’IA, nous aide à interpréter le côté « demande » de la filière. Il apparaît en effet
nécessaire d’articuler consciemment l’adéquation push/pull de l’offre, issue de la recherche transférée
aux start-ups, avec la demande de nos industries et sociétés de services afin d’en garantir la mise en
œuvre opérationnelle. Les sociétés de conseil et les intégrateurs pourraient être des acteurs efficaces
du couplage de l’offre et de la demande, contribuant à l’efficacité et à la cohérence d’une filière
intégrée. Grâce à leur maillage du territoire et de l’écosystème, ces sociétés peuvent contribuer à
l’évangélisation/éducation des entreprises et être un relai efficace des start-ups qui élaborent les offres
produit et service au contact des laboratoires de recherche. L’agilité de la filière ressort comme un
élément clef de la performance de cette diffusion des technologies.
Différences d’éducations et de densités de connexion
L’écosystème national des start-ups bénéficie d’une homogénéité culturelle et d’une densité de
connexion qui favorise et facilite l’utilisation en B2B de l’offre IA issue de nos start-ups
technologiques, par les start-ups sectorielles qui en auraient l’usage. Le tissu des grands groupes, des
ETI et des PME, par contre, ne bénéficie pas de cette immersion naturelle dans la technologie issue
des laboratoires et est donc plus soumis à la pression marketing, publicitaire et commerciale des
acteurs nord-américains. Eduquer et développer la demande, tout en l’orientant vers les solutions
issues de la recherche nationale nous semble être un élément important du développement de la filière.
La population des directeurs de l’innovation et plus largement des directions générales pourrait par
exemple bénéficier d’une éducation/évangélisation plus poussée qui lui donnerait les moyens de
connaître, branche par branche, les applications utiles, d’en comprendre les niveaux de risque, et
d’identifier les acteurs – en particulier nationaux – à même de les servir au meilleur rapport qualitéprix.
Faute d’une attention particulière à ces maillons, on peut penser que lorsqu’elle cristallisera, la
demande s’orientera naturellement vers les solutions nord-américaines dont les machines de
marketing, communication et vente dominent actuellement le paysage.
Faire des exigences sociales un atout ?
L’exigence européenne et en particulier française sur la protection des données et de la vie privée sont
le plus souvent présentées – ou vécues – par les entreprises comme un frein à leur développement, qui
les empêche de proposer certains produits innovants et qui les pénalise vis-à-vis de leurs marchés
potentiels. Il peut en être de même pour des exigences de validation garantissant la qualité des
algorithmes, de méthode de certifications, ou d’explicabilité des résultats. Ces spécificités nationales
pourraient devenir des atouts si l’état accompagne sa fermeté réglementaire par des dispositifs
aboutissant à la création et à la commercialisation des solutions innovantes permettant aux industries
et services de respecter simplement ces règlements. La réglementation se globalisant, les acteurs
nationaux de cette niche « explication, validation, certification » seraient prêts à commercialiser au
plan international des solutions adéquates et validées.
b. Les domaines d’application
On détecte un certain nombre de régularités tant sur les domaines d’applications que sur les méthodes
et leurs modalités de mises en œuvre. On trouve ci-dessous une première liste issue du sondage
effectué auprès des industries et services.
x Voiture autonome et connectée : les deux sujets sont distingués car ils mobilisent des
technologies différentes et ciblent des objectifs distincts : automatiser tout ou partie de la
conduite d’un véhicule dans un cas et fournir des services connectés en mobilité dans l’autre.
x Contrôle qualité, conformité et traçabilité : ces applications permettent de baisser
considérablement le coût de la mise en œuvre de normes qualité. Différentes techniques
peuvent être implémentées, comme celles des règles métiers pour assurer la traçabilité ou la
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