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investissements complémentaires en formation, en réorganisation et très certainement en
développement de nouveaux produits. Il est aussi très probable que cela conduise à repenser
certains systèmes économiques dans leur ensemble, i.e. des changements de paradigme
techno-économiques. Le cas de la voiture autonome fournit une illustration de tels changements
potentiels : il impliquera sans aucun doute des changements majeurs dans les secteurs de
l’assurance et des services de transports, y compris hors transports routiers comme le train qui
pourrait perdre ou gagner en utilité selon que la voiture autonome deviendrait un complément ou
un substitut à ce moyen de transport ; il remettra en question l’existence des écoles de conduite,
modifiera le métier des garagistes et des assurances ; il fera émerger de nouveaux « business
models » où les individus ne possèderont plus leur véhicule mais loueront un service de
transport autonome à la carte avec un véhicule adapté à leur besoin à chaque déplacement, le
tout avec un risque d’accident fortement réduit et sans problème de congestion. Il est donc tout
à fait possible que l’IA entraîne l’innovation mais dans quelle proportion, la réponse reste bien
entendu très incertaine.
Penser le changement de paradigme techno-économique
Sous cet angle, la question de l’impact sur l’emploi du déploiement de l’IA devient donc multiple:
● Quels emplois seront en effet directement touchés par le choc technologique ? Avec
quelle ampleur et avec quelle dynamique ? En d’autres termes, quels sont les « métiers
du passé » et quelle est la population la plus susceptible d’être impactée ?
● À l’inverse, quels sont les secteurs et les métiers vers lesquels les travailleurs déclassés
par la technologie peuvent être redirigés ? En d’autres termes, quels sont les « métiers
d’avenir » ?
● Quelles sont les possibilités de reconversion des « métiers du passé » vers les « métiers
d’avenir » ? Sur ce point, la notion de compétence est bien sûr primordiale mais la
dimension territoriale doit aussi avoir un rôle important dans l’analyse.
● Quels sont les secteurs faisant partie de la chaîne de production de l’intelligence
artificielle et est-il important de les développer sur le territoire ? Le fait d’importer ou de
produire la technologie est-il déterminant sur son effet ?
● Quels sont les secteurs potentiellement utilisateurs de l’IA et quel impact l’IA peut-elle
avoir sur ces secteurs ? Va-t-elle uniquement conduire à accroître leur productivité ou
va-t-elle aussi leur permettre d’innover et de développer de nouveaux biens et services ?
● Quels impacts potentiels globaux la technologie peut-elle avoir sur l’ensemble du
système productif ? Quelle est l’ampleur du changement de paradigme technoéconomique ?
● Quels sont les efforts à mettre en œuvre pour libérer le potentiel de croissance que ces
technologies peuvent générer ?
Ce sont autant de questions auxquelles il est nécessaire de répondre pour déterminer si le
développement et la diffusion de l’IA auront un impact négatif ou positif sur l’emploi et pour
déterminer les meilleures stratégies à adopter en termes d’investissement dans la technologie,
tant au niveau de sa production et de son utilisation, qu’en termes de formation des travailleurs
pour anticiper le plus tôt possible les difficultés de transition.
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