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clairement à remettre en cause : d’où une formation tout au long de la vie qui puisse véritablement
accompagner les transitions, à l’intérieur d’un même métier mais également vers les métiers et les secteurs
d’avenir.
Or le ratio actuel entre temps de travail et temps de formation pourrait ne pas être à la hauteur de
l’exigence de renouvellement constant des compétences. C’est pourquoi il faut réfléchir à l’extension
des temps de formation continue, pour donner à chacun la possibilité d’acquérir les nouvelles capacités
techniques et non techniques dont auront besoin les individus dans un monde d’intelligence artificielle.
Cette extension des temps de formation continue devra aller de pair avec la mise en place d’une continuité
plus importante entre formation initiale et formation continue. Les professions potentiellement les plus
touchées par l’automatisation pourraient être la cible prioritaire d’une politique de formation
préventive.
La modification des contenus de formation s’impose ensuite. Le défi de la formation initiale et continue
consiste à trouver l’équilibre entre l’acquisition de savoirs et compétences en phase avec les besoins
actuels de la société et la nécessité de préparer un avenir dont on sait au moins qu’il exige de tous un esprit
critique, une capacité d’apprendre à apprendre. Le développement de l’intelligence artificielle renforce cet
état de fait. Il nécessite à la fois de permettre l’acquisition des compétences techniques qui lui sont
spécifiques afin que les besoins de main-d’œuvre du secteur puissent être remplis, mais également de
développer les qualités générales d’adaptabilité, de créativité et d’esprit critique. À terme, ces
compétences peuvent seules permettre aux individus de développer leur complémentarité avec la machine.
Cela signifie qu’outre les formations spécifiques à l’intelligence artificielle, la question de la réorientation
de la formation continue vers des formations généralistes, permettant de développer des compétences
transversales d’adaptabilité et de créativité, devra être posée. Le développement de ces compétences
nécessite de réinventer les modes de formation (formation en contexte, sur poste, en conception) et le
rapport au savoir lui-même, autour de pratiques de partage, de mise en réseau, d'expérimentation, de
projets…
La transformation des structures de la formation tout au long de la vie est enfin inévitable. Au regard de la
nécessité accrue, pour chaque travailleur, de pouvoir se former selon ces exigences, les entités existantes
ne sont ni suffisantes ni adaptées. Le rôle de l’Université dans la délivrance de la formation tout au long
de la vie pourrait être ainsi davantage affirmé, pour assurer à tous une formation de qualité. Pôle Emploi
évoluerait pour s’inscrire dans une logique préventive. Enfin les dispositifs de formation informels (tierslieux, fablabs, makerspaces…) et d’expérimentation de pratiques pédagogiques nouvelles doivent être
intégrés pleinement à l’évolution des structures de formation tout au long de la vie.
Recommandation : viser une transformation d’envergure de la formation tout au long de la vie,
en termes de ratio temps de travail/temps de formation, de contenus et de modes de formation
ainsi que de structures porteuses.
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