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Une opportunité industrielle
Dans un monde dans lequel les questions d'éducation deviennent centrales et où la soif de
connaissance et la demande de formation explosent, l'enseignement en ligne est une modalité
pédagogique en plein essor. Notre pays compte de nombreuses jeunes pousses dans ce domaine, des
projets institutionnels avancés, des équipes de recherches de niveau international et une certaine
avance sur le plan éthique. Il dispose donc, si ces projets sont soutenus, de véritables atouts pour
prendre une place centrale, dans les pays francophones et dans le reste du monde, dans ce secteur
industriel très dynamique sur le plan mondial.
2.2.2.2 Robotique
Enjeu/motivation/défis
La relation entre la robotique et l'intelligence artificielle est ambivalente : dans le contexte de la
mission France IA, la robotique est vue comme une sous-partie de l’intelligence artificielle alors que
les roboticiens ont plutôt tendance à voir une complémentarité avec l’intelligence artificielle, celle-ci
comme étant une discipline bien plus jeune. Le robot s’inscrit en effet dans la longue histoire des
machines : c’est une machine qui bouge et dont les mouvements sont contrôlés par un ordinateur. Il se
distingue tout à la fois de l’automate dont les mouvements sont mécaniquement déterminés, et de
l’ordinateur qui manipule des informations, mais ne bouge pas. Sans robotique, l’intelligence
artificielle n’aurait pas d’action dans le monde physique, ce qui exclurait un énorme champ d’action
(production industrielle, médecine, transports, assistance physique aux personnes, etc.).
Même dans la perspective « IA », la robotique doit donc être pensée comme ayant des ressorts
propres. Le robot bouge pour agir. Il a affaire avec la physique du monde réel : le robot manipulateur
doit pouvoir saisir un objet fragile sans le casser ou un récipient sans renverser son contenu ; le robot
bipède doit garder son équilibre en se déplaçant. Manipulation et déplacement sont les deux
composantes de l’action. C’est d’abord la maîtrise du mouvement des robots manipulateurs qui a
permis le développement de la robotique industrielle. C’est ensuite la maîtrise du déplacement des
robots mobiles à roues qui a permis dès les années soixante-dix d’envisager les grands programmes
d’exploration planétaire. C’est aujourd’hui la maîtrise conjointe de ces deux fonctions motrices qui
permet l’émergence de nouvelles machines capables tout à la fois de se déplacer et de manipuler. Et de
même que le cerveau ne contrôle pas tout le corps, puisqu’il existe de nombreuses opérations
inconscientes (e.g. digestion, régénération cellulaire…) voire mixte (respiration), ainsi les robots ne
seront pas entièrement contrôlés par une intelligence artificielle.
Ceci met en lumière un défi important de la robotique face à l’IA : comment concevoir la relation
entre l’IA et les robots ? Peut-on concevoir des « corps » qui puissent être finement contrôlé par une
IA ? Peut-on ainsi délimiter les fonctions mécaniques et électroniques ? Y-a-t-il une pure
« mécatronique robotique » qui se limiterait à une partie capteurs-actionneurs ? Est-ce que c’est
faisable ? Est-ce que c’est efficace ? Une autre manière de poser le problème est de s’interroger sur la
cohérence et sur la compatibilité entre les logiciels d'IA (et les modèles de données) et les parties
robotiques (mécatronique) ; et plus généralement de s’interroger sur la caractérisation et sur l’analyse
du couplage Robot-logiciel IA. Se pose alors aussi la question de l'adaptation des comportements
générés par l''IA selon les évolutions des caractéristiques physiques du ou des robots (par exemple
pour la gestion de la sécurité).
La résolution de ces enjeux est capitale, car c’est ce qui permettra d’avoir des robots plus agiles, plus
adaptatifs, plus facilement coopératifs, et donc finalement plus productifs.
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