3. EFFETS ENVIRONNEMENTAUX DES POLITIQUES AGRICOLES : ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE – 21
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
Chapitre 3
Effets environnementaux des politiques agricoles :
étude bibliographique
Une brève étude bibliographique constitue un point de départ utile pour mettre en
perspective l’analyse agroenvironnementale présentée ensuite dans ce document. L’objet
de cet examen des études existantes n’est donc pas de présenter un exposé exhaustif des
travaux déjà réalisés, mais plutôt d’illustrer diverses méthodologies utilisées pour
analyser les effets environnementaux des politiques agricoles et les principaux résultats
de ces études. Cet examen s’articule en plusieurs parties correspondant aux thématiques
environnementales suivantes : érosion des sols, émissions de gaz à effet de serre,
pesticides, effets des éléments nutritifs sur la qualité de l’eau, émissions liées aux
effluents d’élevage et instruments d’action destinés à limiter ces émissions, et
biodiversité. Suit une courte section sur l’incidence des mesures à caractère général et les
effets multiples sur l’environnement.
Érosion des sols
Les dommages environnementaux provoqués par l’érosion des sols d’origine agricole
sont considérés depuis longtemps comme une externalité importante. Lundekvam et
autres étudient le lien entre l’aggravation de l’érosion éolienne et les mesures entrées en
vigueur dans les années 50 et 60 en Norvège pour soutenir les prix agricoles et
subventionner la mise en culture de nouvelles terres moyennant leur nivellement. Ils
estiment que ce nivellement a multiplié l’érodabilité des sols par trois à treize. La
Norvège s’attachant de plus en plus à protéger l’environnement, ces mesures ont été
supprimées en 1985, et des paiements visant à éviter le travail du sol en automne ont été
instaurés en 1991. Un modèle de l’érosion adapté aux conditions du pays (ERONOR) a
permis (ibid.) de montrer les effets sur l’érosion du nivellement et, ensuite, de la
suppression des labours d’automne. Les auteurs soulignent également que les conditions
météorologiques jouent un rôle très important dans la perte de sol.
L’analyse consacrée par Souchere et autres (2003) à l’impact de la Politique agricole
commune de l’Union européenne sur l’érosion des sols en Haute-Normandie (France) fait
quant à elle appel à un modèle qui simule le ruissellement et l’érosion. Les auteurs font
état de la disparition de 200 000 hectares de prairies permanentes entre 1970 et 2000 et
appliquent le modèle STREAM au bassin de Bourville pour démontrer que la conversion
des prairies, telle qu’observée, en cultures de printemps et d’hiver, devrait provoquer une
aggravation de 85 % de la perte de sol. Ils soulignent également que la localisation des
prairies joue un rôle important dans la limitation du ruissellement. À cet égard, Yang et
autres (2004) et Khanna et autres (2003) signalent eux aussi l’importance du ciblage
géographique dans la mise en place de zones tampons dans le cadre du Programme
d’encouragement à la mise en réserve des terres fragiles (CREP – Conservation Reserve
Enhancement Program) aux États-Unis. Les auteurs de ces deux articles mettent en regard
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