162 – 10. CONCLUSIONS
LES LIENS ENTRE LES POLITIQUES AGRICOLES ET LEURS EFFETS SUR L’ENVIRONNEMENT - OCDE 2010
La méthode quantitative employée dans cette analyse connaît certaines limites. En
raison du caractère spatialisé des liens entre agriculture et environnement, il est
indispensable d’interpréter les résultats obtenus avec le SAPIM en fonction des
conditions modélisées dans chaque étude de cas. Il n’est donc pas possible de généraliser
les résultats à des unités d’agrégation spatiale plus vastes ou de procéder à des
comparaisons quantitatives entre les différentes études de cas. Il existe en outre une
fourchette d’incertitude sur les principales estimations des paramètres qui a des
conséquences sur les résultats de la modélisation. Bien que brièvement, cet aspect a été
étudié dans l’analyse de sensibilité. On peut soutenir qu’une source importante
d’incertitude est liée aux estimations de l’évaluation des avantages sociaux dans les
études de cas. Ces limites ne sont toutefois pas spécifiques aux analyses réalisées à l’aide
du SAPIM – et les résultats obtenus avec toute autre méthode de modélisation les
connaîtraient. Il est néanmoins essentiel et important d’améliorer la fiabilité des modèles.
En dépit de ces inconvénients, des enseignements d’ordre général peuvent être tirés
de cette analyse :
• Les mesures doivent impérativement tenir compte de l’hétérogénéité inhérente au
secteur agricole. Les impacts environnementaux et les coûts d’adoption qu’exige
un instrument d’action donné varient sensiblement selon les conditions locales,
raison pour laquelle il convient d’envisager une spatialisation ciblée et adaptée
des mesures d’incitation.
• Les activités polluantes non réglementées pouvant revêtir une certaine
importance, il est donc indispensable de contrôler l’ensemble des intrants,
procédés et techniques impliqués.
• L’efficacité d’un instrument d’action donné dépend de l’ensemble du dispositif
mis en place, et il est par conséquent essentiel d’évaluer les mesures, non pas de
manière isolée, mais en prenant en considération leurs interactions avec d’autres
mesures.
• Il convient d’intégrer à la conception et à la mise en œuvre des mesures leurs
co-avantages et leurs inconvénients pour l’environnement.
La modélisation n’est qu’un des éléments de l’arsenal d’informations dont disposent
les décideurs pour concevoir et mettre en œuvre des mesures. L’évaluation de la
performance environnementale de l’agriculture au moyen d’indicateurs conçus et mesurés
avec attention permet de fournir une information complète sur l’évolution
agroenvironnementale et de comprendre où des interventions sont plus particulièrement
nécessaires. La compréhension de la diversité et des caractéristiques des mesures
agricoles, agroenvironnementales et environnementales peut permettre d’identifier les
facteurs d’incitation et de dissuasion auxquels se trouvent confrontés les agriculteurs dont
les décisions de production ont des conséquences pour l’environnement. À cet égard, le
SAPIM constitue une approche intéressante, pragmatique et flexible pour expliquer le
lien entre action publique et résultats environnementaux.
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