Qualité des mots de passe
Dans la section précédente, nous avons évoqué à plusieurs reprises la notion de
« durcissement » du mot de passe et de « politique de mots de passe ». Qu’entendonsnous par là ? Nous allons le préciser ici avant d’évoquer la réelle difficulté à sécuriser les
mots de passe.
Généralités
Le terme « politique de mots de passe » désigne un peu pompeusement les règles de base
que les mots de passe doivent respecter. « Durcir » un mot de passe, c’est lui appliquer
ces règles. Le paramétrage de ces règles est plus souvent basé sur un usage généralisé et
accepté, plutôt que sur une réflexion précise au sujet du contexte réel dans lequel ces
mots de passe seront utilisés. Voici les principales règles constatées.
Complexité : la longueur minimale généralement acceptée pour un mot de passe
utilisateur est de huit caractères. Il doit combiner des chiffres, des lettres majuscules,
des lettres minuscules, voire des caractères spéciaux. Il est convenu que la longueur
du mot de passe soit plus longue pour les comptes donnant accès à des droits
d’administration.
Verrouillage : une fonctionnalité peut bloquer le compte au bout de n tentatives
infructueuses. Le but est d’éviter les attaques interactives par des automates. La valeur
généralement admise est entre trois et cinq tentatives avant le blocage. En cas de
verrouillage, ce dernier peut durer entre cinq minutes et un quart d’heure.
Historique : certains systèmes empêchent de choisir un mot de passe déjà utilisé par
le passé. Le nombre d’anciens mots de passe mémorisés (et donc impossibles à
réutiliser) est souvent compris entre trois et dix.
Durée de vie : l’usage veut que les mots de passe soient renouvelés régulièrement.
Leur durée de vie maximale est généralement de 90 jours. Certains systèmes imposent
même une durée de vie minimale dans le but d’éviter que les utilisateurs changent
successivement leurs mots de passe jusqu’à récupérer celui qu’ils utilisent
habituellement.
L’impossible sécurisation des mots de passe
Les paramètres présentés précédemment sont tellement admis que le RSSI ne prendra
aucun risque en les appliquant dans son SI. Les différents auditeurs SOX et autres
commissaires aux comptes qui viendront le contrôler n’y verront rien à redire. Ils
encouragent même très officiellement leurs audités à appliquer cette politique. Pourtant,
l’expérience suivante devrait donner à réfléchir.
Expérience
Un RSSI, décidé à tester la qualité réelle des mots de passe choisis par ses collaborateurs, extrait la base
d’empreintes du contrôleur de domaine et lui applique un programme de cassage de mots de passe. Il
s’agit de John the ripper, un des outils les plus anciens et les plus utilisés pour cette tâche. Voici un extrait
du résultat obtenu :
Dans la section précédente, nous avons évoqué à plusieurs reprises la notion de
« durcissement » du mot de passe et de « politique de mots de passe ». Qu’entendonsnous par là ? Nous allons le préciser ici avant d’évoquer la réelle difficulté à sécuriser les
mots de passe.
Généralités
Le terme « politique de mots de passe » désigne un peu pompeusement les règles de base
que les mots de passe doivent respecter. « Durcir » un mot de passe, c’est lui appliquer
ces règles. Le paramétrage de ces règles est plus souvent basé sur un usage généralisé et
accepté, plutôt que sur une réflexion précise au sujet du contexte réel dans lequel ces
mots de passe seront utilisés. Voici les principales règles constatées.
Complexité : la longueur minimale généralement acceptée pour un mot de passe
utilisateur est de huit caractères. Il doit combiner des chiffres, des lettres majuscules,
des lettres minuscules, voire des caractères spéciaux. Il est convenu que la longueur
du mot de passe soit plus longue pour les comptes donnant accès à des droits
d’administration.
Verrouillage : une fonctionnalité peut bloquer le compte au bout de n tentatives
infructueuses. Le but est d’éviter les attaques interactives par des automates. La valeur
généralement admise est entre trois et cinq tentatives avant le blocage. En cas de
verrouillage, ce dernier peut durer entre cinq minutes et un quart d’heure.
Historique : certains systèmes empêchent de choisir un mot de passe déjà utilisé par
le passé. Le nombre d’anciens mots de passe mémorisés (et donc impossibles à
réutiliser) est souvent compris entre trois et dix.
Durée de vie : l’usage veut que les mots de passe soient renouvelés régulièrement.
Leur durée de vie maximale est généralement de 90 jours. Certains systèmes imposent
même une durée de vie minimale dans le but d’éviter que les utilisateurs changent
successivement leurs mots de passe jusqu’à récupérer celui qu’ils utilisent
habituellement.
L’impossible sécurisation des mots de passe
Les paramètres présentés précédemment sont tellement admis que le RSSI ne prendra
aucun risque en les appliquant dans son SI. Les différents auditeurs SOX et autres
commissaires aux comptes qui viendront le contrôler n’y verront rien à redire. Ils
encouragent même très officiellement leurs audités à appliquer cette politique. Pourtant,
l’expérience suivante devrait donner à réfléchir.
Expérience
Un RSSI, décidé à tester la qualité réelle des mots de passe choisis par ses collaborateurs, extrait la base
d’empreintes du contrôleur de domaine et lui applique un programme de cassage de mots de passe. Il
s’agit de John the ripper, un des outils les plus anciens et les plus utilisés pour cette tâche. Voici un extrait
du résultat obtenu :
