Licences
Un troisième domaine pouvant conduire à des expirations bloquantes est la gestion des
licences. Tous les logiciels payants, ainsi que de nombreux équipements critiques
(contrôleurs de disque, pare-feu et autres répartiteurs de charge), sont soumis au
paiement d’une licence. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les éditeurs ne
manquent pas d’imagination à l’heure de concevoir les systèmes de licence. Selon le type
de produit et d’éditeur, on constate plusieurs grandes approches.
Licences au nombre : ce sont des licences orientées poste de travail, ou orientées
utilisateur. Dans ce cas, on paie les licences par tranches de postes ou d’utilisateurs. Si
le nombre d’utilisateurs dépasse la tranche achetée, il faut acheter une nouvelle
tranche de licence.
Licences à jeton : certaines licences reposent sur le principe du jeton. Il s’agit ici
d’autoriser un certain nombre d’utilisateurs simultanés. Lorsqu’un utilisateur désire
utiliser la ressource protégée par le jeton, il se l’approprie. En fin de session, le jeton
est libéré, permettant ainsi à un autre utilisateur de travailler. Ce dispositif est utilisé
pour permettre des usages concurrents maximaux, fixés par licence. Au-delà, le
service n’est plus rendu.
Licences d’équipement : certains dispositifs nécessitent une licence valide pour
fonctionner. Les fonctionnalités et la puissance fournies dépendent du niveau de
licence acquise.
Licences au processeur : quelques logiciels sont licenciés sur la base des processeurs
sur lesquels les instances tournent. Plus il y aura de processeurs, plus les licences
seront chères.
Cette liste, loin d’être exhaustive, illustre bien la variété et la complexité des modes de
licence. Or, quasiment tous les dispositifs logiciels (hors open source) et matériels sont
soumis à licence. Malheureusement, les exploitants ignorent souvent cette notion, si bien
que des dispositifs et les logiciels sont déployés sans tenir compte des conditions de
licence. Il arrive aussi que les licences arrivent à expiration sans que rien ne soit prévu.
Les conséquences opérationnelles de ces déploiements non conformes ou de ces oublis
sont très variables. Elles vont d’un impact nul au blocage total du service soumis à
licence.
Aucun impact : certains produits ne génèrent strictement aucun impact opérationnel
lorsque la licence a expiré ou si elle n’a pas été payée. Cependant, ce n’est pas parce
que le risque opérationnel est nul qu’il n’y a pas de risque du tout. En effet, utiliser
des dispositifs sans licence valide peut présenter un risque financier réel et important.
Exemple
Le mode de licence de certaines bases de données repose sur le nombre d’instances, le nombre
d’utilisateurs, mais aussi sur le nombre effectif ou potentiel de cœurs de processeurs sur lequel seront
instanciées les bases de données. Or, à l’heure de la virtualisation, il suffit de quelques clics pour
dupliquer entièrement toute une plate-forme de production, avec ses serveurs et ses bases de données.
Les techniciens qui utilisent cette technique ignorent presque toujours qu’en dupliquant les bases de
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