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3' partie: Relativité d'échelle et sociétés humaines
économique occasionnée par exemple par l'émergence d'un système
d'irrigation s'est profilée, accompagnée d'une nouvelle structuration
continue « individuel/collectif ».
D'autres exemples d'élaboration d'une architecture « individuel/
collectif» construite en continuum, aux moments de crise de l'évolution
économique, peuvent être fournis. Effectuons un bond à travers les âges
pour parvenir au xxe siècle. On sait que les éléments « individuels »
constitutifs de la grande croissance industrielle des années 1945-1970,
symbolisée elle-même par la chaîne de montage humaine, se sont installés
dans la crise des années 1920-1945. Ce sont les« jaillissements individuels»
de quelques grandes entreprises, surtout américaines, accompagnés de
débuts de manifestations « collectives » d'interventionnisme étatique
de l'administration Roosevelt, qui ont caractérisé cette phase. L'idée
d'une architecture progressive de l'« individuel » vers le « collectif » en
période de crise économique, est illustrée ici. Puis, une phase de stabilité
«individuel/collectif» s'est étendue de 1945 à 1970, permettant la plus
forte croissance économique observée jusqu'alors. L'État keynésien a
représenté la forme « collective » de cette période. Enfin, des limites de
productivité sont apparues vers 1970.
Au total, on doit concevoir une structuration« individuel/collectif»
aboutie comme le prolongement architectural cohérent d'actions partielles,
et non comme leur somme, ou encore comme un parachutage distinct
venu ultérieurement « réguler » la somme des pratiques individuelles.
Ajoutons que ce processus est pour nous, propre aux phases de crise
économique.
~ Esquisse d'un modèle d'architecture « individuel/collectif» dans l'évolution économique
On peut ainsi esquisser un modèle d'architecture « individuel/
collectif » qui se déroule en trois étapes et caractérise un moment de
l'évolution économique. On assiste d'abord à l'apparition d'un nouveau monde économique dans une période de crise. On constate que
des unités économiques « individuelles » se structurent de manière
continue, sans discontinuités temporelles ni spatiales, aboutissant à un
tout collectif. Le jaillissement de formes individuelles peu organisées
collectivement au départ, contribue à détruire l'ensemble « individuel/
collectif » précédent.
Puis, la crise terminée, ce monde économique fonctionne en engendrant de la prospérité, car une nouvelle architecture « individuel/
collective » s'est mise en place et fonctionne de manière stable, jusqu'à
ce que des limites de productivité soient atteintes. Une nouvelle crise
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