3.2
Une dynamique mu/ti-échelle
observable dans l'évolution
des sociétés humaines
Dans ce second chapitre, nous allons poursuivre l'étude des rapports
entre processus d'organisation de plus en plus complexe et augmentation du nombre d'échelles. Puis nous nous intéresserons à la question
de la distinction entre échelles individuelles et échelles collectives.
Nous réexaminerons ensuite l'existence des hiérarchies et des pôles de
domination en nous demandant quels types d'échelles sont concernés.
Nous analyserons alors les transformations de l'espace des échelles
qui se produisent lors des crises économiques, sous forme d'économies
d'énergie pour la nouvelle organisation, mais également par des phases
de déclins des anciennes formes. Enfin, comme on l'a suggéré en fin
de premier chapitre, nous postulerons que les nouvelles organisations
doivent aboutir à une nouvelle étape, plus riche en échelles que les
précédentes.
Une dynamique organisatrice s'effectuant
par démultiplication d'échelles
Depuis la révolution industrielle, plus particulièrement avec l'énoncé
de la théorie néo-classique à la fin du XIXe siècle, le concept de « marché »
a pris de plus en plus d'importance. Après les années 1970, la prise de
pouvoir, au niveau mondial, d'une bourgeoisie mondialisée ne détenant
son pouvoir d'aucun mandat quelconque, et ne subissant aucune forme
de contrôle, lui a permis d'imposer en tous lieux, un mode d'analyse
de la réalité économique en termes de marché. Or ce concept est fondamentalement appauvrissant. Il transforme une réalité, comme on
va le voir, multiple, fractionnée, établie en échelles, en un assemblage
uniforme de marchés.
De même que la compréhension de l'évolution économique est rendue impossible par sa présentation en termes de seul « hasard », une
analyse satisfaisante de l'organisation des ensembles économiques est
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