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2' partie : La théorie d'échelle et le vivant
Nous avons effectivement rencontré une accélération chez les primates
et les dinosaures, une décélération au cours de l'ontogenèse humaine,
une décélération suivie d'une accélération chez les rongeurs, et une
décélération pour la lignée des échinodermes, à partir d'une époque
critique qui s'identifie pour eux à leur date d'apparition. Une accélération
caractérise l'histoire globale de la vie depuis ses commencements .
• La signification du temps critique
L'analyse des données concernant les dinosaures sauropodes a permis
d'aborder le problème de la signification du temps critique. On sait que les
dinosaures se sont éteints à la limite entre le Crétacé et le Tertiaire, il
y a -65 millions d'années avec de nombreux autres groupes, les causes
de cette extinction étant encore très discutées 1 .
Quoi qu'il en soit, le temps critique des dinosaures de -140 Ma. ne
correspond absolument pas à leur date d'extinction à -65 Ma. Or l'étude
de Sereno concernait le système de locomotion qui ne semble plus changer effectivement après -140 Ma. On peut alors se demander si ce temps
critique ne «pourrait pas correspondre à une perte de potentialité d'évolution de
ce système biologique par manque d'innovation », puisqu'aucune nouveauté
majeure n'apparaît après cette date? On peut concevoir que les changements intervenant dans l'environnement fragilisent les groupes ayant
atteint leur temps critique. Si ces groupes se révélaient incapables de
produire de nouvelles mutations permettant d'acquérir une morphologie
innovante qui serait nécessaire pour s'adapter aux nouvelles conditions,
alors ces groupes disparaîtraient. C'est la contingence de l'évolution par
le biais des changements d'environnements qui s'exprimerait ainsi à
cette très grande échelle du vivant, les changements observés à la limite
Crétacé-Tertiaire ayant été fatals à de nombreux groupes animaux
(Dinosaures, Ptérosaures, Mosasaures, Ammonites, etc.).
1. S'agit-il des conséquences de la chute d'une météorite, comme le propose Alvarez, de
régression marine comme le suggère Ginsburg, ou des effets des éruptions volcaniques
du Dekkan (Inde) comme l'envisage Courtillot, d'un changement naturel de climat, ou de
la coïncidence de tous ces phénomènes? Si un environnement de type << hiver nucléaire »
avait effectivement suivi la chute de cette météorite tombée dans le golfe du Mexique à
Chixculub (presqu'île du Yucatan, Mexique), comment expliquer alors que les oiseaux,
animaux aériens très fragiles aient pu survivre à ce cataclysme avec les mammifères, les
crocodiles et les tortues?
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