212
2' partie : La théorie d'échelle et le vivant
David Green en 1991 montrait également que le chaos déterministe,
les fractales et la dynamique non-linéaire étaient des caractéristiques
du phénomène évolutif du vivant et de la phylogénie qui en résultait. Il
expliquait que le vivant possède des contraintes, comme l'existence d'espaces de ressources, la gravité, la viscosité de l'air et de l'eau, l'efficience
métabolique et les autres contraintes biologiques, et qu'en conséquence,
le système vivant ne peut avoir une infinité d'états comme les attracteurs
de Lorenz et d'Hénon, mais possède des limites discrètes et occupe une
région bien définie de l'espace des phases, son attracteur, vers lequel il
converge, quelles que soient les conditions initiales. Il montrait aussi que
les arbres phylogénétiques constituaient des structures fractales parce
que la réplication était la principale caractéristique des êtres vivants. Il
utilisait également la triade de Cantor pour montrer que l'arbre obtenu
avait des propriétés d'ancêtre à descendant. Il affirmait aussi que la
hiérarchie fractale de la phylogénie était beaucoup plus complexe que
n'importe quelle classification catégorielle et que, bien que la cladistique
puisse approcher de l'histoire des divergences parmi le vivant, toute
tentative pour arriver à une classification naturelle était destinée à un
échec parce que trop limitée de façon inhérente. Dans une approche
fractale de la phylogénie, les catégories taxonomiques sont dépendantes
du temps et n'ont de sens qu'à des moments particuliers de l'histoire
évolutive. En effet, dans un arbre évolutif en construction, les catégories
actuelles perdent de leur signification, au fur et à mesure que d'autres
branches se forment. Il montrait aussi que la hiérarchie était une qualité
émergente du système, et non pas une de ses propriétés basiques. Green
avait une vision novatrice du phénomène évolutif, très en avance pour
son époque, mais il lui manquait une théorie pour aller plus loin dans
l'analyse, car les itérations de l'ensemble de Cantor ne peuvent pas rendre
compte de la complexité et des bifurcations des arbres phylogénétiques.
Il était obligé d'admettre des extinctions de certains rameaux.
En 1993, Plotnick et MacKinney démontraient l'existence d'auto-organisation chez les foraminifères planctoniques. Patterson et Fowler ont
montré, en 1996, que les spéciations et les extinctions des foraminifères
planctoniques suivaient des modèles de lois de puissance et que les
extinctions étaient plus contraintes. Un résultat confortant celui que
nous avions obtenu sur les rongeurs quaternaires et les foraminifères
crétacés quelques années auparavant.
L'autosimilarité des motifs d'extinctions, mise en évidence par Solé,
Manrubia, Benton et Bak en 1997, indique une réponse non-linéaire de
la biosphère aux perturbations environnementales comme cause des
extinctions. Ce travail confirmait également notre travail. En 1990 et
2' partie : La théorie d'échelle et le vivant
David Green en 1991 montrait également que le chaos déterministe,
les fractales et la dynamique non-linéaire étaient des caractéristiques
du phénomène évolutif du vivant et de la phylogénie qui en résultait. Il
expliquait que le vivant possède des contraintes, comme l'existence d'espaces de ressources, la gravité, la viscosité de l'air et de l'eau, l'efficience
métabolique et les autres contraintes biologiques, et qu'en conséquence,
le système vivant ne peut avoir une infinité d'états comme les attracteurs
de Lorenz et d'Hénon, mais possède des limites discrètes et occupe une
région bien définie de l'espace des phases, son attracteur, vers lequel il
converge, quelles que soient les conditions initiales. Il montrait aussi que
les arbres phylogénétiques constituaient des structures fractales parce
que la réplication était la principale caractéristique des êtres vivants. Il
utilisait également la triade de Cantor pour montrer que l'arbre obtenu
avait des propriétés d'ancêtre à descendant. Il affirmait aussi que la
hiérarchie fractale de la phylogénie était beaucoup plus complexe que
n'importe quelle classification catégorielle et que, bien que la cladistique
puisse approcher de l'histoire des divergences parmi le vivant, toute
tentative pour arriver à une classification naturelle était destinée à un
échec parce que trop limitée de façon inhérente. Dans une approche
fractale de la phylogénie, les catégories taxonomiques sont dépendantes
du temps et n'ont de sens qu'à des moments particuliers de l'histoire
évolutive. En effet, dans un arbre évolutif en construction, les catégories
actuelles perdent de leur signification, au fur et à mesure que d'autres
branches se forment. Il montrait aussi que la hiérarchie était une qualité
émergente du système, et non pas une de ses propriétés basiques. Green
avait une vision novatrice du phénomène évolutif, très en avance pour
son époque, mais il lui manquait une théorie pour aller plus loin dans
l'analyse, car les itérations de l'ensemble de Cantor ne peuvent pas rendre
compte de la complexité et des bifurcations des arbres phylogénétiques.
Il était obligé d'admettre des extinctions de certains rameaux.
En 1993, Plotnick et MacKinney démontraient l'existence d'auto-organisation chez les foraminifères planctoniques. Patterson et Fowler ont
montré, en 1996, que les spéciations et les extinctions des foraminifères
planctoniques suivaient des modèles de lois de puissance et que les
extinctions étaient plus contraintes. Un résultat confortant celui que
nous avions obtenu sur les rongeurs quaternaires et les foraminifères
crétacés quelques années auparavant.
L'autosimilarité des motifs d'extinctions, mise en évidence par Solé,
Manrubia, Benton et Bak en 1997, indique une réponse non-linéaire de
la biosphère aux perturbations environnementales comme cause des
extinctions. Ce travail confirmait également notre travail. En 1990 et
