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2' partie : LA théorie d'échelle et le vivant
n'est en effet pas linéaire ou proportionnelle pour toutes les parties du
corps au cours du temps. La variation de la taille relative de la tête au
reste du corps, chez les bébés, les adolescents ou les adultes de l'espèce
humaine est un exemple classique de ces modifications. La croissance
allométrique est un phénomène très général chez les mammifères actuels
et fossiles. Cette croissance différentielle, a été utilisée pour expliquer
les différences entre les espèces successives des fossiles d'une même
lignée. On connaît bien le développement hypertélique des bois de
cerfs Megaceros des tourbières d'Irlande de la fin du Pléistocène, déjà
évoqué à propos des hétérochronies. Le mâle adulte exhibe des bois
somptueux, mais très encombrants. Ce phénomène est dû à un retard
de l'apparition de la maturité sexuelle et s'exprime par une modification
importante du développement du descendant par rapport à son ancêtre.
Du fait de l'apparition tardive de la maturité sexuelle, la croissance se
maintient beaucoup plus longtemps et la taille continue à croître et la
morphologie dépasse l'étape ancestrale pour atteindre une morphologie hyperadulte, si la croissance se poursuit encore. L'analyse de la
croissance montre que les bois des cerfs Megaloceros ne grandissent pas
proportionnellement à l'accroissement de la taille du cerf, mais bien plus
vite. Le mécanisme déterminant pourrait en être la sélection sexuelle.
C'est à ces phénomènes de croissance exagérée et disproportionnée à
cause des phénomènes d'allométrie ou croissance différentielle, que
l'on rapporte tous les cas décrits sous le nom d'« hypertélie ». L'évolution
fait parfois dans la démesure, mais il semble bien qu'il y ait une limite
qui ne supporte plus les contraintes de la sélection naturelle; c'est alors
l'extinction.
*Les robes animales. Un phénomène très original des mammifères
concerne les motifs des peaux animales, c'est-à-dire la répartition des
taches, des rayures ou des zébrures sur la peau. Cette particularité tient au
fait que certaines cellules de la peau, à l'aspect étoilé comme les neurones, du derme ou de la couche basale de l'épiderme, les mélanocytes,
contiennent dans des granules, les mélanosomes riches en pigment
noir, la mélanine. Ces mélanosomes sont responsables de la couleur de
la peau et des poils. Ils sont abondants dans la peau de la face (2000/
mm 2 ) et moindres pour le reste du corps (1000/mm 2 ) et chez l'homme,
ils varient en nombre selon les régions du monde 1 . Certaines de ces
cellules peuvent migrer sous l'action de mutation de certains gènes et
1. Les mélanocytes sont cinq fois plus abondants chez les asiatiques que chez les européens,
mais la quantité de mélanine présente dans le corps du plus noir et du plus blanc des
hommes ne dépasse pas 1 gramme.
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