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2' partie: La théorie d'échelle et le vivant
D'autres théories ont proposé une approche fondée sur la chimie de
surface des solides, en particulier de celle des argiles, que nous allons
examiner maintenant.
Les théories de l'origine métabolique minérale de la vie
Dans son livre sur L'Origine de la vie parue en 1967, John Desmond
Bernai (1901-1971) suggère d'utiliser les propriétés autocatalytiques des
surfaces minérales, notamment des argiles, dans la formation de la
matière organique.
>- Les argiles et la théorie
de la relève génétique de Cairns-Smith
Dans son livre Seven Clues to the Origins of Life paru en 1985, Alexander Graham Cairns-Smith (1931-) a tout d'abord montré qu'une soupe
prébiotique serait si riche en molécules variées, chimiquement proches,
qu'elles deviendraient finalement des poisons pour la vie naissante. Puis,
reprenant les idées de Bernai selon laquelle le fond argileux des océans
aurait pu jouer un rôle de catalyseur et de support de polymérisation, il
a développé une théorie selon laquelle une simple étape intermédiaire
séparerait la matière inanimée de la vie organique qui consisterait en
l'autoréplication de cristaux d'argile en solution. Les argiles, comme la
plupart des minéraux cristallins, ont en effet la propriété de pouvoir se
multiplier. C'est sa théorie de la relève génétique (genetic takeover) qui serait
l'une des phases majeures d'initiation de la vie.
Selon Cairns-Smith, les argiles qui se forment spontanément à partir
de silicates en solution auraient joué le rôle de catalyseur pour former
les premières molécules organiques. Ces minéraux ont en effet tendance
à perdre des électrons et cet emplacement peut servir d'amarrage aux
molécules organiques. La surface des silicates pourrait alors piéger des
molécules à leurs surfaces selon un processus de sélection, notamment
les molécules qui pourraient entraîner l'autoréplication, ce qui aurait
pour effet de multiplier également les molécules absorbées. A. Weiss
avait montré que pendant la croissance des cristaux de smectite (une
argile montmorillonite), l'information condensée dans les feuillets en
densité de charges électriques était transmise aux feuillets dérivés.
C'est-à-dire que les cristaux argileux seraient capables de changer de
forme en fonction de leur environnement par des multiplications. Des
molécules proto-organiques seraient ainsi catalysées à la surface de ces
silicates soumis à des alternances de phases humides et sèches. C'est
l'exemple du mélange glycine-kaolinite qui, soumis à des phases de
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