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Savoir-faire
Webcams
Les petites caméras destinées à la visioconférence,
appelées communément webcams, sont largement
utilisées en astronomie dans le domaine de l’imagerie planétaire. Leur capteur minuscule convient
en effet mal aux grands champs stellaires. De plus,
le bruit de lecture est nettement plus présent que sur
les autres systèmes décrits ci-avant, si bien que les
images issues des webcams sont très granuleuses.
Pour la photographie des planètes, on compense ce
handicap en réalisant un film de plusieurs minutes
à la cadence de 5 ou 10 images par seconde, si bien
qu’il est possible de combiner au final des centaines, voire des milliers d’images. Rien de tel n’est
possible sur le ciel profond, car les astres sont bien
trop faibles pour apparaître à une telle cadence
d’image. Pour réaliser de longues poses avec une
webcam, il faut modifier son électronique. Cette
opération conduit à ce que l’on appelle une webcam SC (du nom de Steeve Chambers, qui a mis
au point cette modification). Les amateurs de fer à
souder trouveront la procédure sur Internet. En mode « longue pose », la webcam ne fonctionne plus comme
une caméra mais comme un appareil photo ou une CCD, et prend des images une par une. Reste des points
faibles pour le ciel profond : outre le champ de vision très petit, le signal thermique demeure mal maîtrisé, si
bien qu’il est très difficile de faire des poses de plus de quelques dizaines de secondes. Pour capturer la Lune et
les planètes, les amateurs assez fortunés peuvent investir dans des caméras vidéo disposant d’une surf ace sensible
plus grande et d’un bruit thermique limité. Ces sortes de « super-webcams » permettent de réaliser des prises de
vue à des cadences importantes : jusqu’à 30 images par seconde sans dégradation de la qualité. Parmi les différents modèles disponibles, ceux des firmes Imagingsource (DMK) et Lumenera ont les perfor mances les plus
intéressantes.
Capteur couleur ou noir et blanc ?
Avec les APN ou les webcams du commerce, les images sont obtenues directement en couleur grâce à des filtres
colorés, bleus, verts et rouges, répartis sur les photosites du détecteur. Cela paraît à première vue un avantage
considérable par rapport aux caméras CCD, qui délivrent des images noir et blanc. Mais cela présente aussi un
inconvénient majeur : les photosites recouverts d’un filtre d’une certaine couleur (bleu par exemple) sont aveugles
aux autres couleurs (vert et rouge dans notre exemple). Pour reproduire la sensibilité de l’œil humain, sur quatre
photosites, deux sont recouverts d’un filtre vert, un seul d’un filtre bleu et un seul d’un filtre rouge. Cela signifie
que lorsque l’on photographie un objet bleu, ou rouge, les trois quarts des photosites ne servent à rien, à cause
de leur filtre inadapté à la couleur de l’objet. La sensibilité et la résolution d’un capteur couleur sont donc en
retrait par rapport à un capteur noir et blanc. Chose irréalisable avec les APN à l’heure actuelle, il est possible
d’acheter des webcams dont le capteur a été remplacé par un capteur noir et blanc (voir les sites Internet de
Pierro-Astro ou Perseu par exemple). En prenant un très grand nombre de clichés avec de telles caméras, certains
photographes expérimentés réalisent de belles images d’objets du ciel profond. Cependant, on s’éloigne déjà considérablementd’une utilisation grand public.
Webcam Philips ToUcam Pro II montée sur une crémaillère
au coulant 31,75 mm (Photo E. Beaudoin).
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