1 - Les bases de la protection radiologique
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1.8. Conclusions
Le système de protection radiologique a été particulièrement efficace si l’on se réfère aux
nombres de maladies professionnelles déclarées, moins de 20 par an en France depuis sa
création, dans ce secteur d’activité.
Ce système est critiqué, voire combattu et F. Romerio a fait l’analyse des différents paradigmes qui ont été conçus pour estimer et gérer les risques des radiations ionisantes à
faible doses (Romerio, 2000). Le premier paradigme sur lequel se base la CIPR et les réglementations actuelles affirme que l’effet des faibles doses est relativement faible, mais qu’il
existe et que l’on peut le gérer à un niveau acceptable compte tenu des bénéfices parallèlement observés. Le second représenté par exemple par l’Académie des sciences et
l’Académie de médecine juge que le risque à faible dose est surestimé et que l’existence
d’un seuil est avérée (Académie des sciences, 1995, Tubiana, 2005). Il en résulte que les
tenants de ce paradigme estiment que les recommandations de la CIPR 60 sont excessivement contraignantes à faible dose. Enfin le troisième paradigme représenté par les opposants irréductibles à l’énergie nucléaire affirme que les risques aux faibles doses sont bien
plus forts qu’aux doses élevées et que les limites recommandées actuellement ne sont pas
assez contraignantes. On peut craindre hélas, que la rivalité entre ces trois paradigmes n’a
pas vraiment bénéficié au progrès scientifique, ce progrès pourrait être escompté si les
tenants des trois paradigmes s’avéraient prêts à confronter leurs hypothèses et à comparer
leurs résultats. Aujourd’hui on peut hélas parler d’opposition figée.
La conclusion est que le paradigme sur lequel se fonde la réglementation actuelle semble
aux yeux de la majorité le plus mûr et le mieux accepté par la majorité du monde scientifique et du monde sociétal. Ce système, et la baisse des limites de doses réglementaires
qu’il a introduit en 1990, ne semble pas devoir être remis en cause dans la décennie
prochaine par de nouveaux résultats scientifiques. En effet, le système de radioprotection
a largement anticipé sur les progrès des connaissances, car il était évident, par exemple,
qu’on ne pouvait attendre d’avoir tous les enseignements du suivi médical des survivants
d’Hiroshima-Nagasaki pour bâtir un système de radioprotection fiable. Toutefois il faut
saluer la CIPR qui, ayant tiré les leçons des incompréhensions que peuvent engendrer le
système actuel, a proposé des évolutions. Ceci conforte l’impression que le premier paradigme est bien le plus mûr, prêt à accepter toute discussion permettant d’aller, une
nouvelle fois, de l’avant au grand bénéfice des travailleurs, de la population et de la
société (Clarke, 1999).
Références
Académie des sciences (1995) Problèmes liés aux effets des faibles doses de radiations ionisantes, rapport n˚ 34 (Tec & Doc, Paris).
Académie des sciences (2002) Du combustible nucléaire aux déchets, recherches
actuelles, compte rendus de l’Académie des Sciences, Tome 3, fascicules 7-8,
septembre-octobre 2002.
AEN (1998) Évolution de radiobiologie et de radiopathologie : répercussions sur la radioprotection, rapport OCDE, Paris.
Clarke R. (1999) La dose maîtrisable : discussion sur la maîtrise des doses individuelles du
fait d’une source donnée, Radioprotection, 34 (2), 211-236.
IAEA (1994) International basic safety Standards for Protection against ionizing radiation
and for the safety of radiation sources (Vienna).
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1.8. Conclusions
Le système de protection radiologique a été particulièrement efficace si l’on se réfère aux
nombres de maladies professionnelles déclarées, moins de 20 par an en France depuis sa
création, dans ce secteur d’activité.
Ce système est critiqué, voire combattu et F. Romerio a fait l’analyse des différents paradigmes qui ont été conçus pour estimer et gérer les risques des radiations ionisantes à
faible doses (Romerio, 2000). Le premier paradigme sur lequel se base la CIPR et les réglementations actuelles affirme que l’effet des faibles doses est relativement faible, mais qu’il
existe et que l’on peut le gérer à un niveau acceptable compte tenu des bénéfices parallèlement observés. Le second représenté par exemple par l’Académie des sciences et
l’Académie de médecine juge que le risque à faible dose est surestimé et que l’existence
d’un seuil est avérée (Académie des sciences, 1995, Tubiana, 2005). Il en résulte que les
tenants de ce paradigme estiment que les recommandations de la CIPR 60 sont excessivement contraignantes à faible dose. Enfin le troisième paradigme représenté par les opposants irréductibles à l’énergie nucléaire affirme que les risques aux faibles doses sont bien
plus forts qu’aux doses élevées et que les limites recommandées actuellement ne sont pas
assez contraignantes. On peut craindre hélas, que la rivalité entre ces trois paradigmes n’a
pas vraiment bénéficié au progrès scientifique, ce progrès pourrait être escompté si les
tenants des trois paradigmes s’avéraient prêts à confronter leurs hypothèses et à comparer
leurs résultats. Aujourd’hui on peut hélas parler d’opposition figée.
La conclusion est que le paradigme sur lequel se fonde la réglementation actuelle semble
aux yeux de la majorité le plus mûr et le mieux accepté par la majorité du monde scientifique et du monde sociétal. Ce système, et la baisse des limites de doses réglementaires
qu’il a introduit en 1990, ne semble pas devoir être remis en cause dans la décennie
prochaine par de nouveaux résultats scientifiques. En effet, le système de radioprotection
a largement anticipé sur les progrès des connaissances, car il était évident, par exemple,
qu’on ne pouvait attendre d’avoir tous les enseignements du suivi médical des survivants
d’Hiroshima-Nagasaki pour bâtir un système de radioprotection fiable. Toutefois il faut
saluer la CIPR qui, ayant tiré les leçons des incompréhensions que peuvent engendrer le
système actuel, a proposé des évolutions. Ceci conforte l’impression que le premier paradigme est bien le plus mûr, prêt à accepter toute discussion permettant d’aller, une
nouvelle fois, de l’avant au grand bénéfice des travailleurs, de la population et de la
société (Clarke, 1999).
Références
Académie des sciences (1995) Problèmes liés aux effets des faibles doses de radiations ionisantes, rapport n˚ 34 (Tec & Doc, Paris).
Académie des sciences (2002) Du combustible nucléaire aux déchets, recherches
actuelles, compte rendus de l’Académie des Sciences, Tome 3, fascicules 7-8,
septembre-octobre 2002.
AEN (1998) Évolution de radiobiologie et de radiopathologie : répercussions sur la radioprotection, rapport OCDE, Paris.
Clarke R. (1999) La dose maîtrisable : discussion sur la maîtrise des doses individuelles du
fait d’une source donnée, Radioprotection, 34 (2), 211-236.
IAEA (1994) International basic safety Standards for Protection against ionizing radiation
and for the safety of radiation sources (Vienna).
