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Radioprotection et ingénierie nucléaire
La démarche ALARA peut et doit être mise en œuvre quels que soient les niveaux de doses
individuelles et collectives, mais il faut que les moyens dans les différentes phases soient
adaptés aux enjeux. Ainsi, dans la phase de préparation, pour un chantier dont l’enjeu dosimétrique est de quelques hommes>μSv, il convient de s’appuyer essentiellement sur le
savoir-faire professionnel et de s’assurer que toutes les bonnes pratiques de radioprotection
sont mises en œuvre. Par contre pour une opération de rénovation ou de démantèlement où
les enjeux sont de plusieurs centaines d’hommes>mSv et où les doses individuelles annuelles
peuvent dépasser 10 voire 15 mSv, une étude d’optimisation de plusieurs hommes-mois est
tout à fait justifiée. De même, la mise en place d’une dosimétrie opérationnelle électronique
individuelle permettant de saisir chaque entrée en zone surveillée ou contrôlée, ou d’une
base de données informatisée très fine, n’est pas forcément utile pour des installations où les
expositions annuelles sont de l’ordre de quelques microsieverts.
15.2. Nécessité de l’engagement
de tous les acteurs
15.2.1. Une culture commune ALARA
La mise en œuvre effective de la démarche ALARA 1 suppose que toutes les personnes
concernées par la protection radiologique connaissent et acceptent les hypothèses sur
lesquelles repose le principe d’optimisation de la radioprotection. La connaissance de ces
hypothèses permet de donner « du sens » à la démarche ALARA. L’acceptation de la
notion de risque résiduel permet de « responsabiliser » et de motiver chacun, en vue de
réduire les risques individuels et collectifs.
15.2.2. Engagement des autorités
En théorie, le principe ALARA pourrait être appliqué sans aucun contrôle réglementaire.
Cependant, comme dans la pratique cela se traduit par de nécessaires remises en cause
comportementales, l’existence d’une réglementation et surtout la volonté de la faire appliquer jouent un rôle considérable. La réglementation a été présentée au chapitre 14, elle
décrit clairement le système de protection radiologique et la place de l’optimisation de la
radioprotection dans ce système. La volonté de faire appliquer cette réglementation est
tout aussi clairement affirmée par la DGSNR depuis 1997 (elle s’appelait DSIN à
l’époque). Pour être la plus efficace possible, cette volonté devrait se concrétiser dans la
définition de règles directrices, en concertation avec les autres « acteurs » concernés, et
trouver dans sa pratique un équilibre satisfaisant entre le dialogue, indispensable à toute
mise en œuvre d’ALARA, et le contrôle.
15.2.3. Engagement de la hiérarchie
Sans un engagement explicite de la hiérarchie sur la nécessité de réduire raisonnablement
les faibles expositions, il est peu probable que les objectifs soient atteints : les efforts
1 ALARA : as long as reasonably achievable = aussi bas que raisonnablement possible.
Radioprotection et ingénierie nucléaire
La démarche ALARA peut et doit être mise en œuvre quels que soient les niveaux de doses
individuelles et collectives, mais il faut que les moyens dans les différentes phases soient
adaptés aux enjeux. Ainsi, dans la phase de préparation, pour un chantier dont l’enjeu dosimétrique est de quelques hommes>μSv, il convient de s’appuyer essentiellement sur le
savoir-faire professionnel et de s’assurer que toutes les bonnes pratiques de radioprotection
sont mises en œuvre. Par contre pour une opération de rénovation ou de démantèlement où
les enjeux sont de plusieurs centaines d’hommes>mSv et où les doses individuelles annuelles
peuvent dépasser 10 voire 15 mSv, une étude d’optimisation de plusieurs hommes-mois est
tout à fait justifiée. De même, la mise en place d’une dosimétrie opérationnelle électronique
individuelle permettant de saisir chaque entrée en zone surveillée ou contrôlée, ou d’une
base de données informatisée très fine, n’est pas forcément utile pour des installations où les
expositions annuelles sont de l’ordre de quelques microsieverts.
15.2. Nécessité de l’engagement
de tous les acteurs
15.2.1. Une culture commune ALARA
La mise en œuvre effective de la démarche ALARA 1 suppose que toutes les personnes
concernées par la protection radiologique connaissent et acceptent les hypothèses sur
lesquelles repose le principe d’optimisation de la radioprotection. La connaissance de ces
hypothèses permet de donner « du sens » à la démarche ALARA. L’acceptation de la
notion de risque résiduel permet de « responsabiliser » et de motiver chacun, en vue de
réduire les risques individuels et collectifs.
15.2.2. Engagement des autorités
En théorie, le principe ALARA pourrait être appliqué sans aucun contrôle réglementaire.
Cependant, comme dans la pratique cela se traduit par de nécessaires remises en cause
comportementales, l’existence d’une réglementation et surtout la volonté de la faire appliquer jouent un rôle considérable. La réglementation a été présentée au chapitre 14, elle
décrit clairement le système de protection radiologique et la place de l’optimisation de la
radioprotection dans ce système. La volonté de faire appliquer cette réglementation est
tout aussi clairement affirmée par la DGSNR depuis 1997 (elle s’appelait DSIN à
l’époque). Pour être la plus efficace possible, cette volonté devrait se concrétiser dans la
définition de règles directrices, en concertation avec les autres « acteurs » concernés, et
trouver dans sa pratique un équilibre satisfaisant entre le dialogue, indispensable à toute
mise en œuvre d’ALARA, et le contrôle.
15.2.3. Engagement de la hiérarchie
Sans un engagement explicite de la hiérarchie sur la nécessité de réduire raisonnablement
les faibles expositions, il est peu probable que les objectifs soient atteints : les efforts
1 ALARA : as long as reasonably achievable = aussi bas que raisonnablement possible.
