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Radioprotection et ingénierie nucléaire
Enfin, on ne connaît pas encore très bien les conséquences de « l’effet de proximité » qui
consiste à observer, parmi des cellules non irradiées, des modifications identiques à celles
observées chez des cellules irradiées. Pour certains, cet effet pourrait être un facteur aggravant, pour d’autres, un effet protecteur par induction de mécanisme apoptotique.
1.6.3. Le choix de la CIPR pour la relation dose-effet
Le débat sur la relation dose-effet remonte à plusieurs décennies déjà, mais n’est toujours
pas clos. Pour les effets stochastiques, plusieurs hypothèses sont proposées (Figure 1.9). Le
système de radioprotection reste cependant basé depuis plus de quarante ans sur des hypothèses prudentes et raisonnables mais non vérifiées. Aujourd’hui l’hypothèse linéaire sans
seuil qui prédit, quelle que soit la dose, une augmentation, si faible soit-elle, des cancers,
reste le fondement de la radioprotection bien qu’une autre relation puisse être établie dans
certains cas. Ainsi les dernières analyses du suivi de survivants d’Hiroshima et Nagasaki
montrent que l’apparition des leucémies n’est notable qu’au-delà de 100 mSv et qu’une relation linéaire quadratique est la plus probable (Figure 1.10.a). Mais comme la relation linéaire
est plus prudente pour les autres cancers (cancers solides) (Figure 1.10.b) et que ceux-ci sont
plus nombreux, c’est cette relation que la CIPR a donc choisie et continue d’appliquer.
Les dernières données concernant les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki n’ont pas
apporté d’enseignements décisifs quant à la forme de la relation aux très faibles doses. Elles
conduisent à des coefficients de risques légèrement inférieurs à ceux retenus par la CIPR
dans ses dernières recommandations (CIPR 60). Ceci est lié à l’apport d’observations supplémentaires parmi les survivants qui conduisent plus de 40 ans après l’irradiation à une estimation de plus en plus sûre des effets et une amélioration des estimations statistiques.
Notons également que, lorsque la CIPR a fait ses premières estimations de risque, le devenir
des survivants des bombardements n’était pas connu. Il lui fallait donc, sur la base des
premières observations, choisir entre un modèle additif (Figure 1.11.a) ou multiplicatif
(Figure 1.11.b) pour prédire l’apparition de cancers. Par rapport à l’apparition « spontanée »
des cancers en fonction de l’âge, le modèle additif (a) provoque une addition notable mais
qui ne dure pas dans le temps, alors que le modèle multiplicatif (b) multiplie de manière
constante la fréquence d’apparition des cancers.
Figure 1.9. Forme des relations dose-effet stochastiques.
Radioprotection et ingénierie nucléaire
Enfin, on ne connaît pas encore très bien les conséquences de « l’effet de proximité » qui
consiste à observer, parmi des cellules non irradiées, des modifications identiques à celles
observées chez des cellules irradiées. Pour certains, cet effet pourrait être un facteur aggravant, pour d’autres, un effet protecteur par induction de mécanisme apoptotique.
1.6.3. Le choix de la CIPR pour la relation dose-effet
Le débat sur la relation dose-effet remonte à plusieurs décennies déjà, mais n’est toujours
pas clos. Pour les effets stochastiques, plusieurs hypothèses sont proposées (Figure 1.9). Le
système de radioprotection reste cependant basé depuis plus de quarante ans sur des hypothèses prudentes et raisonnables mais non vérifiées. Aujourd’hui l’hypothèse linéaire sans
seuil qui prédit, quelle que soit la dose, une augmentation, si faible soit-elle, des cancers,
reste le fondement de la radioprotection bien qu’une autre relation puisse être établie dans
certains cas. Ainsi les dernières analyses du suivi de survivants d’Hiroshima et Nagasaki
montrent que l’apparition des leucémies n’est notable qu’au-delà de 100 mSv et qu’une relation linéaire quadratique est la plus probable (Figure 1.10.a). Mais comme la relation linéaire
est plus prudente pour les autres cancers (cancers solides) (Figure 1.10.b) et que ceux-ci sont
plus nombreux, c’est cette relation que la CIPR a donc choisie et continue d’appliquer.
Les dernières données concernant les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki n’ont pas
apporté d’enseignements décisifs quant à la forme de la relation aux très faibles doses. Elles
conduisent à des coefficients de risques légèrement inférieurs à ceux retenus par la CIPR
dans ses dernières recommandations (CIPR 60). Ceci est lié à l’apport d’observations supplémentaires parmi les survivants qui conduisent plus de 40 ans après l’irradiation à une estimation de plus en plus sûre des effets et une amélioration des estimations statistiques.
Notons également que, lorsque la CIPR a fait ses premières estimations de risque, le devenir
des survivants des bombardements n’était pas connu. Il lui fallait donc, sur la base des
premières observations, choisir entre un modèle additif (Figure 1.11.a) ou multiplicatif
(Figure 1.11.b) pour prédire l’apparition de cancers. Par rapport à l’apparition « spontanée »
des cancers en fonction de l’âge, le modèle additif (a) provoque une addition notable mais
qui ne dure pas dans le temps, alors que le modèle multiplicatif (b) multiplie de manière
constante la fréquence d’apparition des cancers.
Figure 1.9. Forme des relations dose-effet stochastiques.
