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Radioprotection et ingénierie nucléaire
« Bien que la nécessité d’une radioprotection ait été reconnue presque immédiatement
après la découverte des rayons X, il n’y avait aucune organisation professionnelle de radioprotection avant celle de Health Physics (Physique de la santé), réalisée à l’Université de
Chicago peu de temps avant et après la mise en route du premier réacteur nucléaire, le
2 décembre 1942. Ce premier groupe de huit physiciens de la santé comprenait E. O.
Wollan, H. M. Parker, C. C. Gamertsfelder, K. Z. Morgan, J. C. Hart, R. R. Coveyou, O. G.
Landswerk et L. A. Pardue ; il fut réuni pour la première fois à Chicago, puis un peu plus
tard à Oak Ridge et Handford […]
Dès la réunion par A. H. Compton de ce nouveau groupe, la physique sanitaire a eu pour
objet l’étude et la pratique de la radioprotection […] La radioprotection était définie
comme l’étude des effets des radiations ionisantes sur l’homme et son milieu et la
recherche des moyens de l’en protéger, de façon qu’il puisse bénéficier pleinement des
applications des radiations ionisantes […] Si l’on jette un regard en arrière sur les deux
dernières décennies, il est évident que de grands progrès ont été faits dans de nombreuses
disciplines scientifiques intéressant la radioprotection et que physiciens, chimistes, ingénieurs, biologistes, mathématiciens, géologues, écologistes, météorologistes travaillent en
commun pour faire progresser la radioprotection. »
La Protection ou Ingénierie de la radioprotection – Radiation Shielding en anglais – en tant
que discipline et métier, au sens où nous l’entendons ici, naît comme le nécessaire corollaire de la Radioprotection au sens de la première partie du présent ouvrage et de la
Neutronique (Core physics : Physique du cœur du réacteur nucléaire), pendant la Seconde
Guerre mondiale avec les recherches entreprises pour la mise au point du premier réacteur
atomique (« la pile de Fermi ») par l’équipe du physicien E. Fermi à Stagg Field à Chicago
(1942) et celle de la bombe atomique.
La Protection s’est progressivement constituée en une discipline à part entière tout en
gardant des liens étroits avec la Neutronique qui, elle, étudie de manière privilégiée le
comportement des neutrons dans le cœur d’un réacteur nucléaire.
À son développement dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale se
rattachent des figures marquantes comme Theodore Rockwell III et Everitt P. Blizard et
leurs collaborateurs aux États-Unis (Rockwell, 1956 ; Jaeger, 1968), John Butler et Alan
F. Avery en Angleterre (Avery et al., 1960 ; Butler et al., 1964 ; Sanders et al., 1991), Pierre
Lafore, Jean Rastoin, Christian Devillers et Jean-Claude Nimal en France au sein du CEA
(CEA, 1963 ; Pannetier, 1966 ; Rastoin, 1968 ; Devillers, 1977 ; Baur, 1985).
Tous les 4 à 5 ans elle fait l’objet d’une grande conférence internationale : l’ICRS, International Conference on Radiation Shielding, à laquelle sont présentés les progrès réalisés par
les méthodes et les logiciels de calcul ainsi que les études de protection novatrices.
D’autres conférences sont également le lieu de présentations de développements de
méthodes et d’études intéressant la Protection, parmi lesquelles Mathematics and Computations, Monte Carlo Conference, International Seminar on Monte Carlo Methods
(IMACS), les conférences et manifestations organisées par la SFRP et la SFEN, etc.
6.1. L’ingénierie de la radioprotection : objectifs
Considérons le cas d’un réacteur nucléaire. Les études de protection interviennent tout
autant dans les phases de conception du réacteur, de son exploitation et de son démantèlement. Elles intéressent tout le cycle du combustible nucléaire.
Radioprotection et ingénierie nucléaire
« Bien que la nécessité d’une radioprotection ait été reconnue presque immédiatement
après la découverte des rayons X, il n’y avait aucune organisation professionnelle de radioprotection avant celle de Health Physics (Physique de la santé), réalisée à l’Université de
Chicago peu de temps avant et après la mise en route du premier réacteur nucléaire, le
2 décembre 1942. Ce premier groupe de huit physiciens de la santé comprenait E. O.
Wollan, H. M. Parker, C. C. Gamertsfelder, K. Z. Morgan, J. C. Hart, R. R. Coveyou, O. G.
Landswerk et L. A. Pardue ; il fut réuni pour la première fois à Chicago, puis un peu plus
tard à Oak Ridge et Handford […]
Dès la réunion par A. H. Compton de ce nouveau groupe, la physique sanitaire a eu pour
objet l’étude et la pratique de la radioprotection […] La radioprotection était définie
comme l’étude des effets des radiations ionisantes sur l’homme et son milieu et la
recherche des moyens de l’en protéger, de façon qu’il puisse bénéficier pleinement des
applications des radiations ionisantes […] Si l’on jette un regard en arrière sur les deux
dernières décennies, il est évident que de grands progrès ont été faits dans de nombreuses
disciplines scientifiques intéressant la radioprotection et que physiciens, chimistes, ingénieurs, biologistes, mathématiciens, géologues, écologistes, météorologistes travaillent en
commun pour faire progresser la radioprotection. »
La Protection ou Ingénierie de la radioprotection – Radiation Shielding en anglais – en tant
que discipline et métier, au sens où nous l’entendons ici, naît comme le nécessaire corollaire de la Radioprotection au sens de la première partie du présent ouvrage et de la
Neutronique (Core physics : Physique du cœur du réacteur nucléaire), pendant la Seconde
Guerre mondiale avec les recherches entreprises pour la mise au point du premier réacteur
atomique (« la pile de Fermi ») par l’équipe du physicien E. Fermi à Stagg Field à Chicago
(1942) et celle de la bombe atomique.
La Protection s’est progressivement constituée en une discipline à part entière tout en
gardant des liens étroits avec la Neutronique qui, elle, étudie de manière privilégiée le
comportement des neutrons dans le cœur d’un réacteur nucléaire.
À son développement dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale se
rattachent des figures marquantes comme Theodore Rockwell III et Everitt P. Blizard et
leurs collaborateurs aux États-Unis (Rockwell, 1956 ; Jaeger, 1968), John Butler et Alan
F. Avery en Angleterre (Avery et al., 1960 ; Butler et al., 1964 ; Sanders et al., 1991), Pierre
Lafore, Jean Rastoin, Christian Devillers et Jean-Claude Nimal en France au sein du CEA
(CEA, 1963 ; Pannetier, 1966 ; Rastoin, 1968 ; Devillers, 1977 ; Baur, 1985).
Tous les 4 à 5 ans elle fait l’objet d’une grande conférence internationale : l’ICRS, International Conference on Radiation Shielding, à laquelle sont présentés les progrès réalisés par
les méthodes et les logiciels de calcul ainsi que les études de protection novatrices.
D’autres conférences sont également le lieu de présentations de développements de
méthodes et d’études intéressant la Protection, parmi lesquelles Mathematics and Computations, Monte Carlo Conference, International Seminar on Monte Carlo Methods
(IMACS), les conférences et manifestations organisées par la SFRP et la SFEN, etc.
6.1. L’ingénierie de la radioprotection : objectifs
Considérons le cas d’un réacteur nucléaire. Les études de protection interviennent tout
autant dans les phases de conception du réacteur, de son exploitation et de son démantèlement. Elles intéressent tout le cycle du combustible nucléaire.
