Introduction
C’est au mois de janvier 1896 que le physicien allemand Wilhelm Conrad Röntgen (18451923) découvre, en étudiant les rayons cathodiques, un rayonnement invisible, inconnu
jusqu’alors et qu’il baptise pour cette raison rayons X. Il fait un certain nombre d’observations importantes : les rayons X impressionnent une plaque photographique, ils ionisent
l’air, ils traversent des épaisseurs relativement importantes de matière, l’absorption des
rayons X dépend de la masse atomique de l’élément traversé. Ces observations ont ouvert
la voie d’une part à l’étude de l’atténuation des rayonnements par la matière et d’autre part
à la radiologie (Segrè 1984).
Depuis, l’investigation scientifique instruite par l’homme a montré l’omniprésence des
rayonnements naturels dans son environnement : les rayonnements cosmiques constitués
de protons, de neutrons, de muons, d’électrons… et les rayonnements issus de la radioactivité naturelle. L’écorce terrestre contient des radionucléides, comme l’uranium 238 et ses
descendants, dont la désintégration induit des rayonnements α, β, γ, etc. L’atmosphère,
siège de réactions nucléaires induites par les rayonnements cosmiques, comporte aussi
des noyaux radioactifs dont le plus célèbre est sans doute le carbone 14, émetteur β de
période 5730 ans, formé par la réaction : neutron + Azote 14 → Carbone 14 + proton et
utilisé pour la datation des échantillons archéologiques (d’origine organique) appartenant
au paléolithique supérieur et même au-delà (jusqu’à –70000 ans). Rappelons également
l’existence du réacteur nucléaire naturel d’Oklo, au Gabon, qui a fonctionné avant l’apparition de l’homme sur Terre, il y a 2 milliards d’années (Naudet, 1991).
À côté de ces rayonnements naturels existent des sources de rayonnements produites par
l’homme dans des dispositifs très variés à vocation (Caillot, 2002) :
– expérimentale : accélérateurs de particules, réacteurs nucléaires de recherche, tokamaks, lasers…
– médicale : appareils radiologiques, accélérateurs de protons pour le traitement des
cancers de l’œil…
– industrielle : réacteurs nucléaires producteurs d’électricité, irradiateur d’aliments et
stérilisation d’appareils médicaux…
Paul Bonet-Maury (1969) restitue dans son livre, La radioprotection, la prise de conscience
de la nécessité de l’étude systématique et rationnelle du risque induit par l’exposition aux
rayonnements :
L’ingénierie de la
radioprotection :
généralités
6
Cheikh M’Backé Diop, Maurice Chiron,
Michel Boyard
C’est au mois de janvier 1896 que le physicien allemand Wilhelm Conrad Röntgen (18451923) découvre, en étudiant les rayons cathodiques, un rayonnement invisible, inconnu
jusqu’alors et qu’il baptise pour cette raison rayons X. Il fait un certain nombre d’observations importantes : les rayons X impressionnent une plaque photographique, ils ionisent
l’air, ils traversent des épaisseurs relativement importantes de matière, l’absorption des
rayons X dépend de la masse atomique de l’élément traversé. Ces observations ont ouvert
la voie d’une part à l’étude de l’atténuation des rayonnements par la matière et d’autre part
à la radiologie (Segrè 1984).
Depuis, l’investigation scientifique instruite par l’homme a montré l’omniprésence des
rayonnements naturels dans son environnement : les rayonnements cosmiques constitués
de protons, de neutrons, de muons, d’électrons… et les rayonnements issus de la radioactivité naturelle. L’écorce terrestre contient des radionucléides, comme l’uranium 238 et ses
descendants, dont la désintégration induit des rayonnements α, β, γ, etc. L’atmosphère,
siège de réactions nucléaires induites par les rayonnements cosmiques, comporte aussi
des noyaux radioactifs dont le plus célèbre est sans doute le carbone 14, émetteur β de
période 5730 ans, formé par la réaction : neutron + Azote 14 → Carbone 14 + proton et
utilisé pour la datation des échantillons archéologiques (d’origine organique) appartenant
au paléolithique supérieur et même au-delà (jusqu’à –70000 ans). Rappelons également
l’existence du réacteur nucléaire naturel d’Oklo, au Gabon, qui a fonctionné avant l’apparition de l’homme sur Terre, il y a 2 milliards d’années (Naudet, 1991).
À côté de ces rayonnements naturels existent des sources de rayonnements produites par
l’homme dans des dispositifs très variés à vocation (Caillot, 2002) :
– expérimentale : accélérateurs de particules, réacteurs nucléaires de recherche, tokamaks, lasers…
– médicale : appareils radiologiques, accélérateurs de protons pour le traitement des
cancers de l’œil…
– industrielle : réacteurs nucléaires producteurs d’électricité, irradiateur d’aliments et
stérilisation d’appareils médicaux…
Paul Bonet-Maury (1969) restitue dans son livre, La radioprotection, la prise de conscience
de la nécessité de l’étude systématique et rationnelle du risque induit par l’exposition aux
rayonnements :
L’ingénierie de la
radioprotection :
généralités
6
Cheikh M’Backé Diop, Maurice Chiron,
Michel Boyard
