Introduction
L’exposition interne d’un travailleur du nucléaire peut résulter d’une incorporation de
composés radioactifs par inhalation, ingestion, contamination cutanée ou blessure. Sur le
lieu de travail, l’ingestion est très rare, la contamination respiratoire est la plus fréquente.
Si elle demeure également très rare, la contamination par blessure reste une préoccupation
constante des services de protection car la contamination qu’elle entraîne peut être importante. La contamination cutanée, sur une peau saine, a peu de conséquences à l’exception
des composés tritiés qui peuvent traverser la barrière cutanée.
L’irradiation liée à la contamination à l’intérieur de l’organisme ne cesse pas avec la fin de
l’exposition au polluant, elle continuera tant que le radionucléide sera présent dans l’organisme. Cette particularité a conduit à développer des méthodes spécifiques pour mesurer
cette contamination, calculer les doses d’irradiation qui en résultent et évaluer le risque
associé. Ces méthodes sont communément appelées par simplification « dosimétrie
interne ».
Le calcul de la dose reçue tiendra compte de la répartition du radionucléide dans l’organisme et de son devenir en fonction du temps. Pour ce faire, la Commission internationale
de protection radiologique (CIPR) a développé des modèles mathématiques appelés
« modèles dosimétriques ». Ces modèles sont généralement adoptés par tous au plan international.
La contamination peut être décelée instantanément, les services de surveillance mettront
alors en place toutes les techniques d’évaluation ; mais si elle est silencieuse, elle ne
pourra être évaluée que par une surveillance régulière des travailleurs. La stratégie de
surveillance dépendra du devenir biologique du radionucléide et de sa cinétique.
La mesure de la contamination n’est pas aisée, elle se fait selon que le radionucléide émet
des rayonnements pénétrants ou non par des méthodes de comptage externe ou des
méthodes indirectes. Les premières consistent à placer l’individu sous un compteur, c’est
l’anthroporadiamétrie ; les secondes consistent à mesurer la contamination dans les
excrétas, urines et fèces, ce sont les méthodes appelées « radiotoxicologiques ».
À partir de ces résultats de mesure, le service médical du travail calculera ensuite à l’aide
de modèles dosimétriques, la dose d’irradiation.
Bien que la contamination interne reste limitée pour les travailleurs des centrales
nucléaires, le caractère aléatoire de son intensité conduit à la mise en place de méthodes
Dosimétrie et surveillance
pour l’expostion interne
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Henri Métivier, Isabelle Aubineau-Lanièce, Éric Blanchardon,
Céline Bouvier-Capely, Loïc de Carlan, Didier Franck, François Paquet
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