ANNEXE 3 – LES DIFFÉRENTES SOR TES DE VERRES NATURELS
349
Un exemple célèbre d’impactite est le verre lybique. C’est un verre très
transparent dont les fragments sont dispersés dans le désert de Lybie
près de la frontière égyptienne. On a observé dans ce verre une teneur
notable en métaux du groupe du platine qui sont toujours présents dans
les météorites. Bien qu’on n’ait pas trouvé jusqu’ici le cratère d’origine, il
paraît assuré que ce verre résulte de la fusion du grès de Nubie, roche
présente dans la région et de composition très voisine de celle du verre
lybique.
Contrairement aux impactites ordinaires qui se trouvent toujours à
proximité des cratères d’impact, les tectites sont distribuées sur des
aires bien délimitées situées à des distances pouvant atteindre plusieurs
milliers de kilomètres du cratère d’origine. On a longtemps évoqué à
leur sujet une hypothétique origine extra-terrestre mais actuellement, on
s’accorde à penser qu’elles résultent plutôt de l’impact oblique de très
grosses météorites sur la surface du globe. On suppose que les pressions
énormes et les températures extrêmes engendrées par de tels impacts
produisirent la fusion des roches percutées et la formation dans l’atmosphère de brouillards de gouttes de silicate fondu qui devinrent des verres
avant de retomber sur terre, sans qu’il y ait eu à aucun moment contact
physique entre ces gouttes et la météorite.
La masse des tectites varie de 1 g à 13 kg. La morphologie de certaines
d’entre elles, recueillies en Australie (australites), laisse penser à un processus de formation en deux étapes [1]. Après une première fusion lors
de l’impact et un refroidissement donnant une sphère de verre, un réchauffement aérodynamique se produirait par suite des frottements de la
bille sur les couches de l’atmosphère lors de son retour à grande vitesse
sur la Terre. Il en résulterait une fusion et une vaporisation partielle de la
partie avant de la bille. Ce double processus donne finalement à la tectite
une forme de bouton (Fig. A3.1).
Les compositions des tectites sont dérivées de celles de roches sédimentaires siliceuses, ce qui conforte l’hypothèse selon laquelle elles proviennent de l’impact des couches superficielles terrestres. Par exemple, la
composition pondérale des tectites trouvées aux États-Unis (bédiasites) et
qui ont 35,4 millions d’années est la suivante [2] : SiO 2 76,37, TiO 2 0,76,
Al 2 O 3 13,78, Fe 2 O 3 0,19, FeO 3,81, MgO 0,63, CaO 0,65, Na 2 O 1,54,
K 2 O 2,08. Une particularité des tectites est leur très faible teneur en eau
(moins de 0,01 % en masse). Cela pourrait provenir de ce que, au cours
du choc, la roche fondue passe par l’etat de fluide supercritique [3].
Six champs de tectites relativement bien délimités ont été reconnus
à ce jour avec des datations assez précises. Le dosage des éléments en
traces et les rapports isotopiques ont permis d’établir dans certains cas
des correspondances entre le champ de tectites et un cratère d’origine
(Tab. A3.I).
Précédent

- 368/460

Suivant