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LE VERRE
froid. Le « doucissage » a pour but de rendre plane les surfaces de la glace.
On frotte l’une contre l’autre deux glaces en interposant une poudre abrasive, grès écrasé puis sable et enfin émeri. Ensuite le « polissage » doit
rendre à la glace la transparence perdue par le doucissage. La glace est
scellée dans du plâtre et on frotte sur sa surface un polissoir, planche de
bois recouverte de drap enduit de la « potée », poudre d’oxyde de fer. La
coulée sur table est une technologie qui, en s’affranchissant pour la première fois de la force physique d’un seul individu, marque le début de
l’industrialisation.
Grâce au développement de la coulée sur table, les miroirs de grandes
dimensions deviennent accessibles. Ils vont constituer l’élément indispensable à la décoration des hôtels particuliers. Malgré sa complexité, la
coulée sur table connut une très longue carrière puisqu’elle fut utilisée
jusqu’au milieu du XX
e siècle.
2. Le formage industriel du verre creux
Dans le langage de la technologie verrière, on appelle « verre creux »
l’ensemble des objets en verre fabriqués unitairement à partir du bain où
sont fondues les matières premières. Il s’agit d’articles de forme plus ou
moins évasée utilisés généralement comme récipients ou comme enveloppes.
2.1. Les principales étapes de la mécanisation
À la fin du XIX
e siècle, l’invention par Siemens des fours de fusion continue chauffés au gazogène (Chap. 6, Sect. 3.2) offre aux industriels verriers de grandes possibilités de fabrication de masse mais à condition de
disposer de machines de formage de capacité suffisante.
Un peu avant 1880, une première étape vers la mécanisation concerne
le moule tournant qui remplaçait la rotation de la bouteille dans le moule
par le souffleur [210]. On obtient ainsi des bouteilles d’épaisseur plus
régulière, mais il faut, comme par le passé, sectionner le col de la bouteille
et former la bague avec un filet de verre chaud. En outre, le soufflage, opération très pénible, exige toujours des opérateurs expérimentés dont le
nombre doit augmenter avec la demande croissante du marché.
À cette époque, de nombreuses recherches sont entreprises pour, à la
fois, accroître la productivité et améliorer les conditions de travail des
ouvriers. Appert, verrier à Clichy, imagine en 1879 un dispositif où l’air
est insufflé à l’aide d’une pédale [211].
En 1894, H.M. Ashley [212] en Angleterre et en 1898, C. Boucher [213]
à Cognac, construisent les premières machines semi-automatiques qui
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