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LE VERRE
site du palais de Magatta, la résidence du pharaon Aménophis III, près de
Thèbes.
Au cours du I
er millénaire av. J.-C. des procédés de moulage inspirés
de l’art des céramiques furent expérimentés notamment en Mésopotamie.
Soit on pressait une goutte de verre chaud, soit on remplissait à froid
l’espace entre deux moules avec du verre en poudre avant l’introduction
des moules dans le four. Après recuisson et démoulage, la surface de
l’objet pouvait être rendue brillante par rebrûlage ou polissage avec un
abrasif. À cette époque on réalise déjà des récipients artistiques par le
procédé appelé plus tard « mille fiori » en soudant bord à bord des fragments de verre de différentes couleurs répartis au fond d’un moule.
Pour former des feuilles planes, les Romains coulaient du verre sur
une plaque métallique saupoudrée de sable pour éviter le collage. On
obtenait ainsi une surface mate et une surface lisse. Pour amincir le
verre, il était étiré de tous côtés avec des pinces avant son figeage.
L’invention géniale du soufflage daterait de la seconde moitié du premier siècle av. J.-C., et serait née probablement en Syrie. C’est un procédé
qui demande beaucoup d’habileté, car le verrier doit parvenir à former
son objet avant que la matière ne soit figée. L’outil essentiel est la canne
de soufflage : un tube de fer d’environ 1,5 m de longueur resserré à l’une
des extrémités, celle où l’on mettra les lèvres, et évasé selon une forme
conique à l’extrémité que l’on plongera dans le verre. Le souffleur commence par préchauffer la canne jusqu’au rougeoiement afin que le verre
colle à la canne. Celle-ci est ensuite introduite diagonalement dans le
bain et tournée plusieurs fois sur elle-même afin d’y fixer une quantité
suffisante de verre. Elle est alors extraite du bain et la masse de verre est
roulée sur un « marbre » en bois ou en grès puis est posée sur une fourche
verticale. Au bout d’une vingtaine de secondes, sa température est suffisamment uniforme pour que le formage puisse débuter. Dès qu’on commence à souffler une grosse bulle apparaît : c’est l’« ébauche » dont la
forme va évoluer au gré des réchauffages et soufflages successifs que lui
impose le souffleur. À mesure qu’il progresse dans son entreprise difficile,
celui-ci profite d’un phénomène plutôt favorable, l’épaisseur de l’ébauche
jouant en quelque sorte un rôle autorégulateur : une région qui s’amincit
trop vite, se refroidit davantage qu’une zone plus épaisse et devient donc
plus visqueuse, ce qui ralentit son amincissement. En outre, en plus de
la canne le verrier dispose, pour modifier la forme, d’outils divers
(Fig. 7.1) tels que ciseaux, pinces, billot plat, et de la « mailloche », pièce
massive de bois comportant un évidemment hémisphérique. Le soufflage
peut s’effectuer à l’air libre mais aussi, pour des objets de forme simple,
dans un moule en bois qu’on arrose fréquemment (Fig. 7.2). Le rôle de l’eau
absorbée par le bois est sujet à diverses interprétations. On peut penser
que le film de vapeur produit évite le collage et régule le transfert thermique.
LE VERRE
site du palais de Magatta, la résidence du pharaon Aménophis III, près de
Thèbes.
Au cours du I
er millénaire av. J.-C. des procédés de moulage inspirés
de l’art des céramiques furent expérimentés notamment en Mésopotamie.
Soit on pressait une goutte de verre chaud, soit on remplissait à froid
l’espace entre deux moules avec du verre en poudre avant l’introduction
des moules dans le four. Après recuisson et démoulage, la surface de
l’objet pouvait être rendue brillante par rebrûlage ou polissage avec un
abrasif. À cette époque on réalise déjà des récipients artistiques par le
procédé appelé plus tard « mille fiori » en soudant bord à bord des fragments de verre de différentes couleurs répartis au fond d’un moule.
Pour former des feuilles planes, les Romains coulaient du verre sur
une plaque métallique saupoudrée de sable pour éviter le collage. On
obtenait ainsi une surface mate et une surface lisse. Pour amincir le
verre, il était étiré de tous côtés avec des pinces avant son figeage.
L’invention géniale du soufflage daterait de la seconde moitié du premier siècle av. J.-C., et serait née probablement en Syrie. C’est un procédé
qui demande beaucoup d’habileté, car le verrier doit parvenir à former
son objet avant que la matière ne soit figée. L’outil essentiel est la canne
de soufflage : un tube de fer d’environ 1,5 m de longueur resserré à l’une
des extrémités, celle où l’on mettra les lèvres, et évasé selon une forme
conique à l’extrémité que l’on plongera dans le verre. Le souffleur commence par préchauffer la canne jusqu’au rougeoiement afin que le verre
colle à la canne. Celle-ci est ensuite introduite diagonalement dans le
bain et tournée plusieurs fois sur elle-même afin d’y fixer une quantité
suffisante de verre. Elle est alors extraite du bain et la masse de verre est
roulée sur un « marbre » en bois ou en grès puis est posée sur une fourche
verticale. Au bout d’une vingtaine de secondes, sa température est suffisamment uniforme pour que le formage puisse débuter. Dès qu’on commence à souffler une grosse bulle apparaît : c’est l’« ébauche » dont la
forme va évoluer au gré des réchauffages et soufflages successifs que lui
impose le souffleur. À mesure qu’il progresse dans son entreprise difficile,
celui-ci profite d’un phénomène plutôt favorable, l’épaisseur de l’ébauche
jouant en quelque sorte un rôle autorégulateur : une région qui s’amincit
trop vite, se refroidit davantage qu’une zone plus épaisse et devient donc
plus visqueuse, ce qui ralentit son amincissement. En outre, en plus de
la canne le verrier dispose, pour modifier la forme, d’outils divers
(Fig. 7.1) tels que ciseaux, pinces, billot plat, et de la « mailloche », pièce
massive de bois comportant un évidemment hémisphérique. Le soufflage
peut s’effectuer à l’air libre mais aussi, pour des objets de forme simple,
dans un moule en bois qu’on arrose fréquemment (Fig. 7.2). Le rôle de l’eau
absorbée par le bois est sujet à diverses interprétations. On peut penser
que le film de vapeur produit évite le collage et régule le transfert thermique.
