Introduction
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répétitif (prix fixes et demande constante en probabilités), il peut alors agréger les
bénéfices correspondant aux différentes ventes grâce à un opérateur simple que
connaissent bien les spécialistes des probabilités, à savoir l'espérance mathématique
(moyenne des bénéfices pondérés par leurs probabilités). Un théorème célèbre, le
Théorème Central Limite, justifie en effet que l'on prenne ce critère comme critère de
choix, dans un contexte de répétition (stabilité des données et décision répétée un grand
nombre de fois). Il ne reste plus alors à notre marchand de journaux, convaincu par cet
édifice théorique, qu'à calculer les espérances mathématiques de bénéfice, pour chaque
niveau d'achats du quotidien, et à choisir le niveau qui maximise cette espérance. Il est
intéressant de noter d'ailleurs qu'à ce stade le problème reste assez compliqué : en effet,
il est facile de s'apercevoir que cette modélisation aboutit à une formule relativement
complexe liant l'espérance du bénéfice au niveau d'achat, pour laquelle les techniques
d'optimisation fonctionnelle classiques (dérivation par exemple) sont inopérantes ; le
marchand de journaux sera donc obligé de procéder pas à pas, en tâtonnant sur le niveau
d'achat, et en calculant à chaque fois la formule, pour trouver le niveau optimal. Et
pourtant, les hypothèses sont frustes ! On sent bien qu'un problème réel ressemblant à ce
problème « épuré » va supposer des hypothèses plus fines (variation de la loi de
probabilités de la demande, possibilités de ventes le lendemain de la parution etc.)
risquant de compliquer quelque peu le modèle.
Quoiqu'il en soit, on voit bien quel est l'apport de la R.O dans ce cadre : elle permet ce
que l'esprit ordinaire ne peut pas faire, c'est-à-dire l'intégration dans un calcul des
conséquences des multiples événements qui peuvent peser sur une décision économique.
Quelques éléments historiques
On a l'habitude de situer la naissance de la R.O lors de la seconde guerre mondiale, au
sein de l'armée britannique, qui a commencé à formaliser un certain nombre de
problèmes stratégiques, tel l'optimisation du parcours ou de la composition des convois
maritimes ou encore celle du positionnement des radars etc.
Certains auteurs, cela dit, ne sont pas sans souligner que les perspectives d'application
des modèles à l'action organisée se sont manifestées bien avant, qu'il s'agisse de la
construction des pyramides, de la mise en place du siège de Syracuse, ou encore des
problèmes de déblai et de remblai formalisés par Monge.
Pour ce qui nous intéresse, c'est à dire la diffusion de la discipline dans les entreprises,
on peut néanmoins considérer que cette diffusion s'est opérée, et à un rythme accéléré,
dans les années cinquante.
On ne peut s'empêcher de relier ce développement à celui de l'informatique. La plupart
des outils de la R.O nécessitent en effet un support informatique pour résoudre les
problèmes auxquels ils s'attaquent.
Mais, bien qu'il existe peu d'études sur ce type de sujet, on peut aussi penser que la R.O
est fondée sur une représentation implicite de l'entreprise et de son fonctionnement qui
s'est constituée récemment, en tout cas au vingtième siècle. Faire de l'organisation une
combinatoire d'activités plus ou moins incertaines signifie en effet un préalable qui est la
codification de ces activités, une explicitation de ce qui les relie, une quantification des
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