74 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
concernant la MRD : hétérogénéité des valeurs seuils, de la nature des points
de suivi ou des objectifs (évaluation du risque de rechute en fin de traitement
ou critères de choix de la stratégie en post-rémission) [43]. Le futur protocole
français des LAM (GOELAMS/ALFA) préconisera une greffe allogénique aux
patients dont la MRD NPM1 postconsolidation n’aura pas atteint le ratio de
0,1 %.
Nouvelles cibles
L'approche NGS a permis d'identifier des mutations influençant le
pronostic, comme les mutations des gènes DNMT3A, IDH1/IDH2, ASXL1,
MLL-PTD, TP53, RUNX1 ou TET2. Certaines équipes ont associé ces
facteurs cytogénétiques et moléculaires dans des « classifications pronostiques
« intégrées » [44] voire même ont proposé de remplacer la classification de
l’ELN par une classification pronostique purement moléculaire, selon eux plus
discriminante (tableau IV-C) [45]. Ces mutations ne sont pas encore décisionnelles en pratique clinique, ceci s’expliquant probablement par la discordance
des résultats, imputable à l’hétérogénéités des traitements et des cohortes, au
caractère retrospectif des études ou aux biais statistiques. Avec l’utilisation du
NGS, l’analyse d’un panel de gènes d'intérêt devrait néanmoins se généraliser.
Le rôle prédictif sur la sensibilité au traitement de certaines de ces mutations
deviendra un élément utile dans la prise en charge thérapeutique. Ainsi a-t-on
montré une association entre les mutations des gènes impliqués dans la régulation épigénétique et la transcription (DNMT3A ou IDH1/2) et la sensibilité aux agents hypométhylants, thérapeutique de choix des LAM de mauvais
pronostic et non elligible à la greffe [46].
Syndromes myélodysplasiques
Classification, oncogénèse et thérapeutique
Les Myélodysplasies (SMD) sont un groupe hétérogène constitué de différentes entités [1]. La physiopathologie est complexe, mettant en cause à la fois
des anomalies intrinsèques des progéniteurs myéloïdes et des anomalies du
microenvironnement médullaire. Les anomalies moléculaires génétiques à l’origine des SMD sont restées longtemps mal connues. Avec l’avènement du NGS,
aux mutations déjà répertoriées comme N-Ras (10-15 %) ou TP53 (5 %), ont
été associés les anomalies de gènes impliqués dans la régulation épigénétique
de la transcription (TET2, ASXL1, EZH2, DNMT3A,IDH1/2…) ou dans
la machinerie de l’épissage des ARN (SRSF2, SF3B1, U2AF1, ZRSR2 …).
La fréquence des mutations des gènes du splicéosomes justifie le qualificatif
parfois employé de « maladie de l’épissage » attribué aux SMD [47].
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