8 • Environnement
et développement durable
298
8.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
d’autres procédés. Cet impact va bien entendu dépendre du combustible
utilisé. C’est ainsi que l’utilisation du biogaz permet d’éviter les émissions de GES : en effet, le biogaz est produit à partir de végétaux qui ont
préalablement capturé le carbone réémis au cours de la combustion.
Dans l’exemple que nous allons traiter ici, le biogaz est produit à partir
de déchets végétaux (dits « déchets verts »). Sans la transformation anaérobique des déchets en biogaz, ces déchets produiraient du méthane au
cours de leur décomposition. Or le méthane présente un GWP de 23
alors que le CO 2 a un GWP égal à 1 seulement. C’est dire que dans le
mécanisme de pourrissement naturel des déchets végétaux sur le sol, un
atome de carbone émis sous forme de méthane aura un impact 23 fois
plus néfaste que ce même atome de carbone émis sous forme de CO 2
après combustion. A priori, cette filière apparaît donc comme très favorable à l’environnement car elle permet d’une part de produire de l’énergie par combustion du biogaz (qui est un mélange de méthane et de
CO 2 plus des traces d’autres gaz) et d’autre part de réduire les émissions.
L’ACV va permettre de quantifier ces avantages et d’en voir les limites.
Supposant que la cogénération a été dimensionnée de telle sorte que
toute la chaleur produite par la cogénération soit utilisée, les mesures
pour les quatre catégories d’impacts définies plus haut sont présentées
sur les figures 8.1 et 8.2. Les cas présentés correspondent à :
– une unité de cogénération au biogaz, en tenant compte de l’impact du
transport des déchets et en supposant que la distance moyenne d’acheminement pour les déchets verts est de 20 km;
– une solution conventionnelle utilisant l’électricité du réseau et une
chaudière au gaz naturel pour fournir la même quantité d’énergie
(électricité et chaleur) que la cogénération. Dans ce cas, nous supposerons que l’unité est installée en Allemagne, en Autriche ou en France
(la différence provient de la différence des émissions de CO 2 eq par
kWh el dans ces trois pays, voir tableau 8.2). Les cas de l’Allemagne et
de la France sont intéressants car ils représentent des cas très tranchés :
une très faible contribution à l’effet de serre de l’énergie électrique en
France, due au parc nucléaire important, et au contraire une contribution élevée en Allemagne, due notamment à une utilisation encore
importante de centrales au charbon; l’Autriche est intermédiaire.
et développement durable
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8.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
d’autres procédés. Cet impact va bien entendu dépendre du combustible
utilisé. C’est ainsi que l’utilisation du biogaz permet d’éviter les émissions de GES : en effet, le biogaz est produit à partir de végétaux qui ont
préalablement capturé le carbone réémis au cours de la combustion.
Dans l’exemple que nous allons traiter ici, le biogaz est produit à partir
de déchets végétaux (dits « déchets verts »). Sans la transformation anaérobique des déchets en biogaz, ces déchets produiraient du méthane au
cours de leur décomposition. Or le méthane présente un GWP de 23
alors que le CO 2 a un GWP égal à 1 seulement. C’est dire que dans le
mécanisme de pourrissement naturel des déchets végétaux sur le sol, un
atome de carbone émis sous forme de méthane aura un impact 23 fois
plus néfaste que ce même atome de carbone émis sous forme de CO 2
après combustion. A priori, cette filière apparaît donc comme très favorable à l’environnement car elle permet d’une part de produire de l’énergie par combustion du biogaz (qui est un mélange de méthane et de
CO 2 plus des traces d’autres gaz) et d’autre part de réduire les émissions.
L’ACV va permettre de quantifier ces avantages et d’en voir les limites.
Supposant que la cogénération a été dimensionnée de telle sorte que
toute la chaleur produite par la cogénération soit utilisée, les mesures
pour les quatre catégories d’impacts définies plus haut sont présentées
sur les figures 8.1 et 8.2. Les cas présentés correspondent à :
– une unité de cogénération au biogaz, en tenant compte de l’impact du
transport des déchets et en supposant que la distance moyenne d’acheminement pour les déchets verts est de 20 km;
– une solution conventionnelle utilisant l’électricité du réseau et une
chaudière au gaz naturel pour fournir la même quantité d’énergie
(électricité et chaleur) que la cogénération. Dans ce cas, nous supposerons que l’unité est installée en Allemagne, en Autriche ou en France
(la différence provient de la différence des émissions de CO 2 eq par
kWh el dans ces trois pays, voir tableau 8.2). Les cas de l’Allemagne et
de la France sont intéressants car ils représentent des cas très tranchés :
une très faible contribution à l’effet de serre de l’énergie électrique en
France, due au parc nucléaire important, et au contraire une contribution élevée en Allemagne, due notamment à une utilisation encore
importante de centrales au charbon; l’Autriche est intermédiaire.
