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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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privées locales, dont certaines ont à présent une présence régionale. Cependant, la fin des années 2000 et
l’augmentation brutale du prix du pétrole ont conduit de nombreux pays, tel le Kenya, à mettre un terme à ce
mouvement de libéralisation, conduisant les autorités à re-reglémenter les prix pour des raisons
sociopolitiques, à mettre en place des systèmes d’importation centralisés etc.
La question des subventions reste cependant un sujet politiquement explosif comme on a pu le voir
au Nigeria, même s’il est prouvé que les subventions aux produits pétroliers bénéficient dans leur immense
majorité aux classes aisées de la population – elles ne sont pas du tout ciblées. Pour un certain nombre de
pays, la baisse récente du prix du brut ouvre une fenêtre d’opportunité pour remplacer ce système des
subventions des produits pétroliers par un système qui ciblerait les populations les plus fragiles ; cependant,
il y aura beaucoup d’élections présidentielles les deux prochaines années…. Qu’ont fait les autorités Nigérianes
suite à la baisse du prix du pétrole, qui a par ailleurs des conséquences inquiétantes sur l’ économie et le budget
du pays ? Dans le contexte des élections présidentielles d’avril, par ailleurs perdues par le président sortant Goodluck
Jonathan, l’Etat n’a pas baissé les subventions mais au contraire baissé le prix à la pompe en janvier 2015.
Le remodelage de l’aval pétrolier avec l’émergence de nouveaux acteurs et le départ de
nombreux majors.
Le raffinage est, hors Afrique du Sud, contrôlé par les Etats, parfois avec Total comme actionnaire
minoritaire comme au Cameroun, au Sénégal, en Cote d’Ivoire ou au Gabon. D’autres actionnaires sont
présents de façons minoritaire, comme la compagnie publique Chinoise CNPC (Niger, Tchad), la société de BTP
saoudienne Bin Laden Group (Sénégal) ou la compagnie publique angolaise Sonangol (Côte d’Ivoire).
Lorsque les Majors ont vendu leurs actifs dans le raffinage, les Etats furent les acquéreurs par défaut.
Alors que les Majors pétrolières (BP, Chevron, ExxonMobil, Shell, Total) détenaient vingt deux parts dans
différentes raffineries existantes en 2004, ce chiffre s’est réduit à huit aujourd’hui : dans tous les cas, les Majors
ont vendu leurs actions aux Etats où étaient présentes les raffineries, sauf dans trois cas où des investisseurs
externes ont repris une partie des actifs pour des motifs non liés à un intérêt pour le raffinage. En réalité, le
secteur du raffinage n’attire pas les investisseurs dans la région, sauf exception à confirmer au Nigeria
(Dangote) et en Ouganda (RT Resources).
Le secteur de la distribution témoigne par contre d’un environnement concurrentiel beaucoup plus
hétérogène et dynamique. Alors que BP, Shell, Chevron ou ExxonMobil étaient présents dans la quasi-totalité
des pays de la région en 2004, elles ont quasiment vendu tous leurs actifs de distribution (hors Afrique du
Sud) pour des raisons stratégiques, ce qui représente plus de 80 filiales en Afrique – et la vente des actifs
restant de BP, Shell et Chevron en Afrique du Sud est anticipée. Si Total a été acquéreur de nombre de ces actifs
vendus par les Majors anglo-saxonnes (notamment dans 15 pays pour ExxonMobil et en Afrique de l’Est pour
Chevron), les compagnies régionales telles OiLibya, Engen ou Corlay ont acquis 35 filiales de ces Majors de
2005 à 2010. Il faut donc noter que Total a non seulement conservé sa présence dans l’aval pétrolier régional,
mais a même accru son réseau de stations-service de 18 % depuis 2004.
Une troisième vague d’acquisitions des actifs des Majors anglo-saxonnes a eu lieu de 2010 à 2015,
où des traders (ou quasi-traders) ont racheté la plupart des actifs restant des Majors – c’est ainsi que Vitol (via
Vivo Energy) et Trafigura (via Puma Energy) ont acquis 23 de ces filiales ces cinq dernières années. Alors que
les Majors n’ont, hors Afrique du Sud, quasiment plus de filiales de distribution à vendre, on assiste à des
acquisitions plus opportunistes de compagnies privées locales de la part de Total, des compagnies régionales
et des traders. C’est ainsi que ces deux dernières années au Zimbabwe, Puma Energy a racheté Sakunda et
Redan et que le Glencore a racheté Zuva Petroleum.
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