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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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Zoom n°2
L’aval pétrolier africain en émergence
par Stanislas Drochon, Director - Africa Oil & Gas at PFC Energy/IHS
Une demande tirée par les besoins de transports et la démographie
La demande en produits pétroliers en Afrique subsaharienne est de l’ordre de deux millions de barilsjour, soit un peu plus de quatre-vingts dix millions de tonnes par an, composée à quatre-vingts pour cent
d’essence et de gasoil. Elle a augmenté rapidement, de 4.3 % par an depuis 2000, ce qui équivaut à un quasidoublement et constitue une des croissances les plus rapides au monde, juste derrière l’Asie. Cependant, il
faut relativiser ces chiffres car la taille de la demande, constituée des 51 marchés de la sous-région, est
inférieure à celle de la seule Allemagne. La consommation en produits pétroliers de l’Afrique subsaharienne,
même si elle jouit d’un des plus forts taux de croissance au monde, représentait en 2014 moins de 3 % de la
consommation mondiale. Il convient donc de relativiser les chiffres : nous partons de volumes faibles
concernant cinquante et un marchés agrégés mais qui augmentent rapidement, ouvrant par là des
opportunités à long terme. En effet, nous estimons que la croissance de la consommation de produits
pétroliers va rester soutenue à court et moyen terme, en raison des croissances économiques et
démographiques que nous anticipons comme généralement fortes et qui auront un impact direct sur la
demande en pétrole.
De plus, l’augmentation substantielle de la classe moyenne (et de ses besoins de transport individuel)
ainsi que des activités minières énergivores vont a priori se poursuivre. La capacité ou non des pays de la sousrégion à produire de l’électricité non dépendante des produits pétroliers jouera également un rôle important.
Ces tendances bénéficieront principalement au gasoil et dans une moindre mesure à l’essence. Evidemment,
parlant de plus de cinquante marchés, les tendances seront très différentes selon les cas particuliers. La
Réunion ou Maurice ne connaîtront pas la même croissance de consommation que le Mozambique ou
l’Ethiopie. Et cette croissance sera à risque pour un certain nombre de pays, en raison des risques d’instabilité
politique, de la gouvernance, du prix des matières premières minières ou pétrolières ou tout simplement de
la croissance économique mondiale.
La demande en produits pétroliers à l’horizon 2050 pourrait être tout à fait substantielle, ne serait-ce
que du fait de la taille de la population de la sous-région – l’ONU estime en effet que d’ici là, elle sera de l’ ordre
de deux milliards environ. Soit 20 % de la population mondiale et deux fois plus qu’aujourd’hui ! S’ajoutent à
cela des facteurs tels que l’augmentation du niveau de vie de la population ainsi que de ses besoins en transport
et en énergie moderne (80 % de la population dépend actuellement d’énergies traditionnelles, telle que le
charbon de bois) vont être de très puissants facteurs de croissance de la consommation en produits pétroliers.
Cependant, la grande inconnue, au-delà des risques énumérés ci-dessus, demeure liée au
développement des énergies renouvelables à deux niveaux. Le premier niveau concerne la production
d’ électricité, à la fois sur les gros projets (tel le Grand Inga en RDC) mais aussi sur les petits projets décentralisés
– pour ces derniers, le développement de technologies à bas coûts d’accès pourrait être une révolution. Le
second niveau concerne le transport – si on assiste dans les pays à hauts revenus à un fort (bien que limité
pour l’instant) développement des voitures électriques, ce n’est pas encore le cas sur le continent. Mais d’ici
2050, tout est évidemment envisageable.
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