La production durable de bois énergie
Le bois restant la principale source d’énergie en Afrique, il est impératif de se préoccuper d’abord des
filières de production de bois et de charbon de bois, qui sont le plus souvent informelles et non durables.
Les filières biomasses emploieraient environ 13 millions de personnes en Afrique Subsaharienne,
dont 290 000 personnes rien que dans la zone d’approvisionnement de la ville de Kinshasa. Au Malawi, le
secteur du bois énergie représente 56 % des échanges commerciaux d’énergie (qu’ils soient formels ou
informels) contre 27 % pour les produits pétroliers et 12 % pour l’électricité
6 . Il est également estimé que
seulement 2 à 3 % du charbon de bois destiné à Kinshasa provient de ressources durables, 6 % pour
l’approvisionnement de la ville de Ouagadougou.
Il est important de prendre en compte la question de durabilité tout au long de la chaîne de valeur du
bois énergie en commençant par la gestion améliorée des ressources notamment :
• Mise en place de zones de gestion des forêts avec la formalisation de concessions,
• La taxation des exploitations forestières qui finance les services publics forestiers et la promotion
du reboisement et de l’agroforesterie (qui sont moins rentables que les productions agricoles).
• La promotion des cultures énergétiques (telles que l’acacia et l’eucalyptus) peut comprendre l’apport
de capitaux de démarrage et de l’assistance technique,
• Les services publics forestiers doivent être suffisamment développés et formés pour contrôler
l’ensemble de la filière et garantir l’application des taxes forestières,
• Cette gestion doit être décentralisée pour permettre la diffusion des pratiques (par exemple
réintroduction d’arbres dans les pratiques agricoles) et faciliter l’accès au foncier avec les
communautés locales.
La deuxième intervention majeure consiste à augmenter l’efficacité énergétique de la carbonisation
du bois. La mise en place de fours améliorés peut engendrer un doublement du rendement (de 15 %
traditionnellement à 30 % avec des moyens modernes). Là encore, il est nécessaire de favoriser l’accès à des
financements à l’investissement et de l’assistance technique.
Enfin, les pouvoirs publics doivent encourager le développement des alternatives à la biomasse
ligneuse dont le potentiel est très important mais qui, comme pour la production de bois durable, nécessite
d’être soutenu financièrement et techniquement.
Les combustibles solides alternatifs
Dans les régions où le bois est une ressource rare (Sahel, Sahara…), les populations utilisent également
pour leur besoin de cuisson des résidus de récoltes et des déjections animales séchées. Dans les zones
agricoles, les paysans ont également l’habitude d’utiliser des résidus de récoltes comme des pailles de mil, la
balle de riz ou des coques d’arachides, mais ces usages sont souvent peu efficaces.
Des sources abondantes de biomasse inexploitées sont issues de transformations agro-industrielles,
l’industrie du bois mais aussi des transformations agricoles : coque d’anacarde, d’arachide, de noix de coco,
parche de café ou de cacao, tourteaux de karité, drêche de brasserie, bagasse… Ces sous produits sont en
général partiellement valorisés, notamment pour les besoins en énergie du process, mais une partie devient
un déchet, alors qu’avec des procédés relativement simples, cette biomasse peut-être transformée sur place
en électricité ou en briquettes ou buchettes pour être vendues.
6 Openshaw, K. (2010). Biomass energy: Employment generation and its contribution to poverty alleviation.
adea
Zoom 1
• 89 •
Le bois restant la principale source d’énergie en Afrique, il est impératif de se préoccuper d’abord des
filières de production de bois et de charbon de bois, qui sont le plus souvent informelles et non durables.
Les filières biomasses emploieraient environ 13 millions de personnes en Afrique Subsaharienne,
dont 290 000 personnes rien que dans la zone d’approvisionnement de la ville de Kinshasa. Au Malawi, le
secteur du bois énergie représente 56 % des échanges commerciaux d’énergie (qu’ils soient formels ou
informels) contre 27 % pour les produits pétroliers et 12 % pour l’électricité
6 . Il est également estimé que
seulement 2 à 3 % du charbon de bois destiné à Kinshasa provient de ressources durables, 6 % pour
l’approvisionnement de la ville de Ouagadougou.
Il est important de prendre en compte la question de durabilité tout au long de la chaîne de valeur du
bois énergie en commençant par la gestion améliorée des ressources notamment :
• Mise en place de zones de gestion des forêts avec la formalisation de concessions,
• La taxation des exploitations forestières qui finance les services publics forestiers et la promotion
du reboisement et de l’agroforesterie (qui sont moins rentables que les productions agricoles).
• La promotion des cultures énergétiques (telles que l’acacia et l’eucalyptus) peut comprendre l’apport
de capitaux de démarrage et de l’assistance technique,
• Les services publics forestiers doivent être suffisamment développés et formés pour contrôler
l’ensemble de la filière et garantir l’application des taxes forestières,
• Cette gestion doit être décentralisée pour permettre la diffusion des pratiques (par exemple
réintroduction d’arbres dans les pratiques agricoles) et faciliter l’accès au foncier avec les
communautés locales.
La deuxième intervention majeure consiste à augmenter l’efficacité énergétique de la carbonisation
du bois. La mise en place de fours améliorés peut engendrer un doublement du rendement (de 15 %
traditionnellement à 30 % avec des moyens modernes). Là encore, il est nécessaire de favoriser l’accès à des
financements à l’investissement et de l’assistance technique.
Enfin, les pouvoirs publics doivent encourager le développement des alternatives à la biomasse
ligneuse dont le potentiel est très important mais qui, comme pour la production de bois durable, nécessite
d’être soutenu financièrement et techniquement.
Les combustibles solides alternatifs
Dans les régions où le bois est une ressource rare (Sahel, Sahara…), les populations utilisent également
pour leur besoin de cuisson des résidus de récoltes et des déjections animales séchées. Dans les zones
agricoles, les paysans ont également l’habitude d’utiliser des résidus de récoltes comme des pailles de mil, la
balle de riz ou des coques d’arachides, mais ces usages sont souvent peu efficaces.
Des sources abondantes de biomasse inexploitées sont issues de transformations agro-industrielles,
l’industrie du bois mais aussi des transformations agricoles : coque d’anacarde, d’arachide, de noix de coco,
parche de café ou de cacao, tourteaux de karité, drêche de brasserie, bagasse… Ces sous produits sont en
général partiellement valorisés, notamment pour les besoins en énergie du process, mais une partie devient
un déchet, alors qu’avec des procédés relativement simples, cette biomasse peut-être transformée sur place
en électricité ou en briquettes ou buchettes pour être vendues.
6 Openshaw, K. (2010). Biomass energy: Employment generation and its contribution to poverty alleviation.
adea
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