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Synthèse des études prospectives
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Si l’Afrique est peu responsable des émissions de CO2, elle pourrait énormément pâtir du changement
climatique selon le GIEC
6 : accroissement de l’ordre de 5 à 8 % de la superficie des terres arides ou semi-arides,
basses terres littorales fortement peuplées frappées par l’élévation du niveau de la mer, ou encore baisse du
rendement de l’agriculture pluviale.
3. Conclusions pour l’Afrique
L’Afrique va connaître d’ici 2050 une forte croissance démographique, plus forte encore que la
croissance démographique mondiale : il y aura probablement plus de 2,4 milliards d’Africains en 2050, contre
seulement 1 030 millions en 2010. La croissance démographique sera semblable à la croissance mondiale
en Afrique du Nord et en Afrique du Sud, mais sera bien plus importante ailleurs. La fécondité baissera partout
en Afrique, mais restera élevée (plus de 3) en dehors de l’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud.
La demande en énergie primaire, ainsi que la production d’électricité, va fortement augmenter sur le
continent. Néanmoins, les situations énergétiques et électriques resteront très différentes en Afrique du Nord
et en Afrique subsaharienne.
• En Afrique du Nord, la demande en énergie primaire devrait presque doubler d’ici 2050, pour atteindre environ
13,7 EJ – 326 Mtep (7,2 EJ – 171 Mtep en 2012). Le gaz remplacera le pétrole, prenant la première place dans le
mix énergétique avec une part de près de 45 %. La demande en pétrole augmentera peu, et sa part dans le mix
énergétique baissera, dépassant de peu les 29 %. Enfin, la demande en énergies renouvelables (hors bioénergies
et hydraulique) sera multipliée par 60 d’ici 2050, pour représenter près de 18 % du mix énergétique.
Concernant la production électrique, elle devrait approcher les 820 TWh en 2050 (300 TWh en 2012).
Si le gaz restera le pilier du mix électrique (66 % de la production d’ électricité), la part des énergies renouvelables
(hors bioénergies et hydraulique) augmentera considérablement : elle sera d’environ 20 %.
• En Afrique subsaharienne, l’augmentation de la demande en énergie primaire devrait être plus importante
qu’en Afrique du Nord. Cette demande devrait probablement être proche de 50 EJ – 1 200 Mtep en 2050 selon
la majorité des scénarios étudiés (contre 23,8 EJ – 567 Mtep en 2012). Ces derniers ne s’accordent pas sur la
composition du mix énergétique subsaharien de 2050. Néanmoins, certaines conclusions sont partagées. Le
mix énergétique sera toujours basé sur les bioénergies, même si leur part devrait baisser d’au moins 20 %. La
part des énergies fossiles devrait augmenter de 7 % à 18 % : la part du charbon diminuera, tandis que celle du
gaz augmentera très fortement (d’au moins 10 %). Enfin, les énergies renouvelables (hors bioénergies et
hydraulique), négligeables dans le mix énergétique de 2012, devraient compter pour entre 7 et 9 % du mix.
Concernant la production électrique, elle devrait être comprise entre 2200 et 3 100 TWh en 2050, contre
seulement 440 TWh en 2012. Il n’y a pas vraiment de consensus sur la composition du mix électrique subsaharien
entre les différents scénarios de l’AIE et du CME, mais on peut entrevoir une tendance commune: le pétrole et le
charbon seront moins utilisés, tandis que l’ utilisation du gaz et des énergies renouvelables augmentera très fortement.
La part de la population ayant accès à l’électricité en Afrique du Nord est déjà proche de 100 %. Par
contre, en Afrique subsaharienne, entre 250 et 400 millions de personnes seront encore privées d’accès à
l’électricité à l’horizon 2050 – l’Afrique du Sud étant pour son compte à peu près complètement électrifiée.
Enfin, l’Afrique émettra plus de CO2 en 2050 qu’en 2012 (entre 2,2 et 2,7 milliards de tonnes, contre
environ 1,1 milliard en 2012), mais ses émissions ne compteront que pour une faible part des émissions
mondiales, d’autant plus si l’on tient compte du poids démographique de l’Afrique. Le continent pourrait
souffrir des conséquences du changement climatique, si les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne
diminuent pas.
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« Contribution du Groupe de travail I, II, III au quatrième Rapport d’évaluation du GIEC », GIEC.
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