D . La situation en Afrique subsaharienne
• Demande en énergie primaire
L’augmentation de la demande en énergie primaire devrait être bien plus forte en Afrique
subsaharienne qu’en Afrique du Nord. Dans les scénarios de l’ADEA, l’augmentation serait de 115 à 150 %
sur la période 2012-2050, la demande atteignant 52 EJ (1 230 Mtep) dans le scénario « New Policies », et un
peu plus de 60 EJ (1 440 Mtep) dans le scénario « African Century Case ».
Le scénario « Montagnes » de Shell est plus réservé sur cette augmentation de la demande en Afrique
subsaharienne, et ne prévoit que le doublement de la demande en énergie primaire d’ici 2050, pour atteindre
près de 48 EJ (1 140 Mtep). Les deux scénarios du CME font preuve de la même réserve, la demande n’atteignant
qu’entre 46 EJ (1 100 Mtep) et 50 EJ (1 200 Mtep) en 2050, respectivement pour les scénarios « Symphonie » et
« Jazz ». Le scénario « Océans » de Shell anticipe lui une bien plus forte augmentation : la demande en énergie
primaire passerait de 23,8 EJ (570 Mtep) en 2012 à 92,5 EJ (2 210 Mtep) en 2050, soit une augmentation de
près de 290 %.
• Mix énergétique
L’Afrique subsaharienne concentre aujourd’hui un quart de la demande mondiale et près de 99 % de
la demande africaine en énergie primaire à base de bioénergies. Actuellement piliers du mix énergétique de
l’Afrique subsaharienne, les bioénergies devraient continuer d’occuper ce rôle à l’horizon 2050.
La majeure partie de cette demande en énergie primaire à base de bioénergies s’explique par la
consommation de biomasse solide pour des usages domestiques (cuisson par exemple). Cette consommation
pose plusieurs problèmes : pénibilité de la collecte de bois (qui prend du temps et surtout effectuée par les
femmes), contribution à la déforestation, problèmes de santé liés à l’inhalation des fumées dans les
habitations… Les bioénergies seront utilisées à l’horizon 2050 sous des formes plus modernes, comme les
biogaz ou les granulés de bois, et de manière plus efficace, via l’utilisation de foyers améliorés par exemple.
Le CME prévoit une demande en bioénergies en 2050 comprise entre 18 EJ et 19,3 EJ suivant le scénario
considéré (respectivement « Jazz » et « Symphonie ») contre 14,6 EJ en 2012. Les projections 2050 des scénarios
de l’AIE indiquent aussi une hausse de la demande, atteignant 20,7 EJ dans le « New Policies » et 17,3 EJ dans
le scénario « African Century Case ».
Si les bioénergies restent encore importantes dans le mix énergétique de l’Afrique subsaharienne en
2050, leur importance relative va diminuer. Comptant pour plus de 61 % dans le mix énergétique aujourd’hui,
les bioénergies devraient représenter entre 32 et 42 % de la demande en 2050 selon le CME. Les projections
de l’ADEA basées sur l’étude de l’AIE confirment cette baisse : la part des bioénergies serait de 40 % en 2050
dans son scénario le plus probable (29 % dans le scénario optimiste « African Century Case »).
La part de l’énergie nucléaire augmentera légèrement dans les deux scénarios de l’AIE, mais restera
très faible, à moins de 2 % du mix énergétique africain en 2050 (entre 0,8 et 1,1 EJ contre 0,1 EJ en 2012). Le
scénario « Jazz » du CME prévoit lui aussi une faible augmentation, pour une part similaire en 2050 (0,5 EJ).
Seul le scénario « Symphonie» du CME prévoit un développement plus significatif du nucléaire africain, atteignant
1,8 EJ en 2050 (2,6 % du mix énergétique) : le développement du nucléaire en Afrique n’ est envisageable que s’il
existe une volonté politique pour le soutenir. Actuellement, seule l’Afrique du Sud dispose d’installations
nucléaires (2 réacteurs) : il est probable que la production d’ énergie nucléaire reste limitée à l’Afrique du Sud à
l’horizon 2050, même si certains pays comme le Nigeria ou l’éthiopie pourraient y avoir recours.
La part des énergies fossiles va globalement augmenter en Afrique subsaharienne (pour atteindre entre
45 et 55 % en 2050, contre moins de 37 % en 2012), néanmoins la situation varie beaucoup énergie par énergie.
• C’est le gaz naturel qui va connaître la plus forte progression parmi les énergies fossiles, atteignant 13,9 %
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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