Les difficultés financières des pays africains les empêchent de développer correctement leur réseau.
C’est pourquoi la mise en place de partenariats public-privé est indispensable. à court terme, développer les
possibilités de substitution du pétrole dans le secteur des transports permettrait de réaliser des économies
substantielles mais ces possibilités doivent correspondre aux caractéristiques du pays. Ainsi, un pays
produisant du gaz naturel pourrait développer l’utilisation du gaz naturel comprimé (CNG).
1.6.2 Les usages domestiques
1.6.2.1 La cuisson
La biomasse et notamment le bois de feu répond à une problématique très particulière de cuisson et
de chauffage. Cet usage représente 60 à 80 % des consommations d’énergie en Afrique subsaharienne et la
production de charbon de bois a progressé en Afrique de 65 % entre 1992 et 2007. Les inconvénients de cette
énorme consommation sont connus : déforestation, et pollution domestique. Au Nigeria ou en éthiopie, la
collecte du bois peut représenter une activité de quatre heures par jour
89 . Diminuer le temps consacré à la
collecte du bois est également un moyen de permettre l’accès à l’éducation des femmes et des enfants. La
première des priorités, principalement menée par les ONG, est de remplacer les foyers « trois pierres » par des
foyers améliorés plus performants énergétiquement afin de limiter la déforestation, les maladies respiratoires
et les dépenses en bois des ménages.
Les pistes de développement :
• développer l’usage de foyers et de cuisinières améliorés. Les impacts sont encore faibles notamment
parce que :
- les ménages utilisent parfois simultanément un foyer amélioré et un foyer « trois pierres » pour
cuire plusieurs plats en même temps ;
- la consommation de combustible est différente selon qu’il s’agit du petit-déjeuner, déjeuner ou
dîner, du comportement des ménages… Les économies réalisées grâce à un foyer amélioré sont
donc potentielles et de l’ordre de 29 à 43 % par rapport à un foyer « trois pierres »
90 ;
• le GPL est déjà utilisé par les ménages citadins dans certains pays. Le prix de ce combustible devrait
décider de son avenir, mais il doit être la source d’énergie à privilégier en zone urbaine. Le GPL permet
de réaliser des économies significatives de bois et est facile à mettre en place dans les pays producteurs
d’hydrocarbures. Ce type d’énergie doit être subventionné en raison du coût d’acquisition du premier
équipement et se heurte encore aujourd’hui à des blocages socioculturels tenaces (craintes
d’explosion, habitudes culinaires)
91 .
La valorisation énergétique des résidus constitue également une solution à moindre coût pour réduire
les consommations énergétiques mais également pour réduire l’impact environnemental. Le Programme
national de biodigesteurs au Burkina Faso (PNB-BF) a permis la construction de 3 500 biodigesteurs. Un
éleveur peut désormais utiliser les déjections de son bétail pour produire du biogaz qui une fois connecté au
foyer couvre ses besoins de cuisson mais aussi d’éclairage. Ce programme s’inscrit dans le cadre d’un
programme plus large de développement des biogaz (le Programme de partenariat de biogaz en Afrique –
ABPP) dans six pays (Burkina Faso, éthiopie, Kenya, Ouganda, Sénégal, Tanzanie).
1.6.2.2 Chauffage ou climatisation
Les effets du réchauffement climatique, l’augmentation du niveau de vie et le doublement de la
population africaine d’ici 2050 entraîneront un besoin croissant de climatisation.
89 Africa solutions : http://www.africasolutions.info/afrique.html
90 OMS 2006
91 Évaluation d’impact des foyers améliorés au Burkina Faso, Évaluation de l’IOB, Ministère néerlandais des Affaires étrangères, 2013
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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