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État des lieux
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1.5.5 L’électricité
Le continent africain est le moins électrifié au monde. Certes, depuis 1970 le taux d’électrification de
l’Afrique est en net progrès (il est passé de 14 à 42 %) mais le continent connaît une très forte disparité. En
Afrique du Nord, il est proche des 100 % tandis qu’en Afrique subsaharienne il avoisinait les 32 % en 2012.
Par ailleurs, l’essentiel de la population sans accès à l’électricité se situe dans les zones rurales. L’électrification
y est inférieure à 5 % dans plus d’une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne.
L’électricité produite en Afrique – et en particulier en Afrique subsaharienne – est en général chère. Or
le pouvoir d’achat est très bas. La consommation en électricité est faible et en partie non payée dû au manque
de solvabilité des populations. Par conséquent, la situation économique des compagnies électriques en Afrique
est souvent précaire. Dans nombre de pays de taille moyenne, la capacité installée ne dépasse pas 500 ou
1000 MW. Il est donc difficile de construire des unités de grande taille qui pourraient faire jouer les économies
d’échelle. En outre, ces installations utilisent souvent des produits pétroliers très coûteux car ils sont tout
simplement les plus faciles d’utilisation et souvent la seule ressource disponible. C’est pourquoi le prix du
kilowattheure est deux fois plus cher en Afrique ( 0,12 $/kWh) que dans les autres pays en développement
66 .
Les installations sont souvent vétustes ou mal entretenues par manque de moyens. Dans les zones urbaines,
de nombreux délestages ont lieu ne permettant l’accès à l’électricité que par tranches horaires et par quartiers.
Pour pallier cette situation, de nombreux consommateurs font appel à des solutions peu optimales et très
coûteuses comme les groupes électrogènes.
Les difficultés rencontrées dans l’ extension de la diffusion de l’ électricité ne résultent pas de problèmes
de nature technique même si des enjeux de planification subsistent. La diversité continentale nécessite
l’ organisation des solutions techniques les plus adaptées à chaque contexte (extension de réseau/ mini réseau
/ centralisé ou décentralisé : recours aux renouvelables ou au thermique)
67 . Dans les zones rurales, de petites
infrastructures basées sur les énergies renouvelables doivent être favorisées en raison de la volatilité du prix
des matières premières et de leur impact sur le budget des ménages. Malgré des efforts réalisés dans ce sens,
le processus d’électrification est lent compte tenu de la quantité importante d’investissements nécessaires qui
s’élèvent de 35 à 45 milliards de dollars par an, pour la seule Afrique subsaharienne, selon les estimations
68 .
L’Afrique subsaharienne présente aussi des spécificités :
• Avec de faibles consommations, les réseaux sont peu interconnectés. Cette situation pénalise
l’intégration de fortes capacités de production (équipement hydraulique d’Afrique centrale par
exemple).
• Le taux de disponibilité des installations est très faible, le parc est souvent obsolescent et la
maintenance insuffisante : une part importante de la capacité installée est hors d’ état de marche (cf. par
exemple les turbines à l’arrêt sur les barrages d’Inga, de Cahora Bassa, la majorité des centrales
nigérianes…). Les coupures d’électricité atteignent près de 60 jours par an et pénalisent les
consommateurs et l’ équilibre des compagnies d’ électricité.
• Les consommateurs d’électricité utilisent souvent des appareils peu performants. Une pratique qui
grève leur budget en raison de la consommation supplémentaire entraînée.
• Les branchements anarchiques sur le réseau électrique national constituent un danger permanent
dans beaucoup de villes d’Afrique et un manque à gagner important pour les opérateurs. C’est le fait
bien souvent de certains consommateurs qui se substituent à l’état en offrant illégalement aux
populations un accès à l’électricité en tirant des lignes électriques de leurs propres compteurs vers un
utilisateur en manque d’électricité moyennant une redevance financière.
• Une grande part de la consommation électrique est utilisée par des populations insolvables (factures
66 Étude des pays ACP
67 Pierre Radanne, Extrait de l’étude ADEA 2009
68 Mac Kinsey : A brighter Africa (34 $ milliards) ; Fondation Energies pour l’Afrique (36 milliards) AIE-Africa Energy Outlook (46 milliards)
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