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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
• 156 •
changer les choses, c’est le premier levier de changement. Mais il est très difficile d’agir. En effet, l’utilisation de
biomasse est très importante en milieu rural, ce qui rend très difficile la mise en place de projets d’envergure :
ce sont des projets très difficiles à gérer, qui nécessitent beaucoup d’efforts pour des résultats limités.
« Il faut que les foyers améliorés soient plus largement répandus. Or on connait les foyers améliorés
depuis au moins une cinquantaine d’années, et depuis rien ne se développe réellement. On ne comprend pas
pourquoi les initiatives n’ont pas marché, et du coup d’autres initiatives sont lancées régulièrement pour
disséminer les foyers améliorés, sans résultats plus significatifs », souligne Ananda Covindassamy.
• Gestion des forêts
Un autre enjeu important lié à la biomasse c’est la gestion des forêts. On n’arrive pas actuellement à
mettre en place une gestion des forêts, sauf dans quelques cas (Sénégal). Pour qu’une gestion des forêts
fonctionne, il est nécessaire de mettre en place une parafiscalité et un système de gestion du bois de chauffe
et du charbon de bois. En l’absence de parafiscalité, les forêts constituent une ressource gratuite dont la gestion
durable est impossible. Il faut repérer les initiatives qui ont bien marché comme celle du Sénégal.
Les projets liés à la biomasse sont très diffus et décentralisés donc très difficiles à mettre en œuvre
pour les institutions de développement.
• Quelle stratégie d’électrification ?
Dans les pays développés, l’électrification ne s’est pas faite par extension de réseaux, mais par la
création de mini réseaux, qui sont ensuite devenus des réseaux autonomes régionaux et par la suite ont été
raccordés entre eux. Alors que le credo actuel est de favoriser l’extension du réseau comme solution
économiquement et techniquement optimale, lorsque l’on constate les problèmes de gestion et de
gouvernance auxquels les réseaux interconnectés sont confrontés, il faudrait peut-être accepter un sousoptimum économique mais avec des solutions plus applicables du point de vue de la gestion et de
l’appropriation par les populations.
L’importation et l’ exportation d’ électricité, dont les avantages économiques et techniques sont connus,
se heurtent à la volonté d’indépendance énergétique. L’argument de la sécurité énergétique est contestable : il
y a des risques quand on importe de l’électricité, mais il y en a aussi quand on importe des produits pétroliers
ou du charbon pour ses centrales thermiques par exemple, à commencer par le risque sur les prix mondiaux
et le risque de coupure des réseaux de transport pour les pays enclavés.
« Il faut mettre en lumière les obstacles et conditions pour avancer. Se projeter en 2050, voir les
potentialités mais mettre en lumière les obstacles et conditions pour avancer dans cette direction. Il y a 40 ans
en arrière on était face aux mêmes problèmes. Combien d’études coûteuses et importantes ont pris de la
poussière et été rangées dans des tiroirs. Le secteur de l’énergie en Afrique est à la recherche d’un nouveau
paradigme de gestion et de développement. On ne peut que regretter qu’aujourd’hui on en est à continuer
d’ essayer d’ appliquer des modèles dont la faible efficacité est démontrée par la modestie des résultats obtenus
ces dernières décennies » , conclut le Dr. Covindassamy.
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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changer les choses, c’est le premier levier de changement. Mais il est très difficile d’agir. En effet, l’utilisation de
biomasse est très importante en milieu rural, ce qui rend très difficile la mise en place de projets d’envergure :
ce sont des projets très difficiles à gérer, qui nécessitent beaucoup d’efforts pour des résultats limités.
« Il faut que les foyers améliorés soient plus largement répandus. Or on connait les foyers améliorés
depuis au moins une cinquantaine d’années, et depuis rien ne se développe réellement. On ne comprend pas
pourquoi les initiatives n’ont pas marché, et du coup d’autres initiatives sont lancées régulièrement pour
disséminer les foyers améliorés, sans résultats plus significatifs », souligne Ananda Covindassamy.
• Gestion des forêts
Un autre enjeu important lié à la biomasse c’est la gestion des forêts. On n’arrive pas actuellement à
mettre en place une gestion des forêts, sauf dans quelques cas (Sénégal). Pour qu’une gestion des forêts
fonctionne, il est nécessaire de mettre en place une parafiscalité et un système de gestion du bois de chauffe
et du charbon de bois. En l’absence de parafiscalité, les forêts constituent une ressource gratuite dont la gestion
durable est impossible. Il faut repérer les initiatives qui ont bien marché comme celle du Sénégal.
Les projets liés à la biomasse sont très diffus et décentralisés donc très difficiles à mettre en œuvre
pour les institutions de développement.
• Quelle stratégie d’électrification ?
Dans les pays développés, l’électrification ne s’est pas faite par extension de réseaux, mais par la
création de mini réseaux, qui sont ensuite devenus des réseaux autonomes régionaux et par la suite ont été
raccordés entre eux. Alors que le credo actuel est de favoriser l’extension du réseau comme solution
économiquement et techniquement optimale, lorsque l’on constate les problèmes de gestion et de
gouvernance auxquels les réseaux interconnectés sont confrontés, il faudrait peut-être accepter un sousoptimum économique mais avec des solutions plus applicables du point de vue de la gestion et de
l’appropriation par les populations.
L’importation et l’ exportation d’ électricité, dont les avantages économiques et techniques sont connus,
se heurtent à la volonté d’indépendance énergétique. L’argument de la sécurité énergétique est contestable : il
y a des risques quand on importe de l’électricité, mais il y en a aussi quand on importe des produits pétroliers
ou du charbon pour ses centrales thermiques par exemple, à commencer par le risque sur les prix mondiaux
et le risque de coupure des réseaux de transport pour les pays enclavés.
« Il faut mettre en lumière les obstacles et conditions pour avancer. Se projeter en 2050, voir les
potentialités mais mettre en lumière les obstacles et conditions pour avancer dans cette direction. Il y a 40 ans
en arrière on était face aux mêmes problèmes. Combien d’études coûteuses et importantes ont pris de la
poussière et été rangées dans des tiroirs. Le secteur de l’énergie en Afrique est à la recherche d’un nouveau
paradigme de gestion et de développement. On ne peut que regretter qu’aujourd’hui on en est à continuer
d’ essayer d’ appliquer des modèles dont la faible efficacité est démontrée par la modestie des résultats obtenus
ces dernières décennies » , conclut le Dr. Covindassamy.
