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L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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cas, il était nécessaire d'innover dans les structures afin de mobiliser et gérer les investissements énormes qui rendait
nécessaire la coopération et le partage des risques entres plusieurs acteurs. Aussi, dans les deux cas les grandes structures
d'entreprises ont provoqué la méfiance des gouvernements et du public et entrainé de grandes poussées de régulation
(technique, droit d'accès à la voirie, contrôle des prix). Il y avait deux approches – une approche industrielle, basée sur des
investissements directs étrangers et liées aux activités de manufacture électro-technique (modèle des USA, de l' Allemagne et
de la France) et le modèle de financier principalement utilisé par le Royaume-Uni, avec le Canada, comme acteur majeur pour
l' Amérique centrale et sud.
Cette période a vu un essor de projets et des investissements massifs à l'échelle internationale. En
1914, l'Europe avait réalisé des investissements électriques dans 84 % du monde. Toutefois, ces
investissements restaient très enclavés, avec de forts liens avec la présence coloniale et une concentration sur
les sites industriels, les gares et ports, les centres d'affaires des grandes villes et les résidences privés des élites
coloniales, économiques et politiques.
La deuxième période (1914-1929) a vu une continuation de l'investissement multinational et de
grands progrès techniques. L'industrie était secouée par les premières nationalisations (surtout la Russie) et
la saisie des actifs de l'Allemagne ailleurs en Europe dans le cadre des réparations de guerre, mais l'activité
multinationale a redémarré au milieu des années 1920 avec une deuxième période de croissance rapide, avec
cette fois la prééminence des Etats-Unis. Toutefois, en réaction aux leçons de la Grande Guerre de 1914-1918
qui a clairement montré que l'électricité avait un lien fort avec la sécurité nationale, les autorités publiques
s'impliquèrent beaucoup plus, soit par la régulation, soit en devenant propriétaire des unités de production.
Les entreprises réalisant les investissements coopéraient avec cette transition du moment où elles recevaient
une compensation 'raisonnable' - les industriels électro-techniques cherchant surtout un marché pour leurs
produits et ayant trouvé que la production de l'électricité n'était pas en soi rentable. C'était le début du processus
de 'domestication' par laquelle les actifs des multinationaux passaient sous le contrôle du pays.
La troisième période (1930 – 1945) fut marquée par deux phénomènes: la dissémination de
l'infrastructure et les secousses financières et géopolitiques de la crise de 1929 suivie par la deuxième guerre
mondiale. L'extension des réseaux de transport et de distribution a permis à certains pays européens d'atteindre
un haut niveau d'électrification (en 1933: Danemark 100 %, Pays-Bas 99 %, Belgique 98 %, France 93 %). Ce
succès est lié en partie à une géographie concentrée sans grands obstacles mais aussi à la bonne gestion
publique des projets. Il a fallu attendre les années 1950 pour atteindre ces mêmes niveaux d'électrification aux
Etats-Unis et au Canada. L'Europe a aussi réussi à désenclaver des investissements industriels pendant cette
période, soit par le transfert des actifs industriels de production d'électricité vers des municipalités, soit par la
création des branches 'fournisseurs d'électricité' au sein de ces entreprises industrielles (en Autriche en 1933,
64 % de l'électricité produite par les industriels était vendu aux secteurs tertiaire et résidentiel).
Après la Guerre, est apparue une période d'accélération du processus de domestication (1945 – 1978)
pendant laquelle l'électricité en Europe, aux Etats-Unis et au Canada est devenue un service public géré par
des utilities, soit au niveau national (France) ou régional/municipal ailleurs (Allemagne, Etats-Unis, Canada).
On voit cette même tendance en Afrique du Sud avec la prise de contrôle de Victoria Falls and Transvaal Power
(privé, multinationale) par Escom (public utility) en 1948, et en Argentine avec la vente des actifs de « American
and Foreign Power » et « CADE » au gouvernement en 1958.
à partir de 1978, il y a un mouvement de privatisation partielle aux états-Unis et en Europe qui donne
lieu à de nouvelles structures public-privé et de nouvelles formes de coopération. Le contrôle des réseaux et
des prix publics reste largement dans les mains des organisations publiques tandis que la production
d'électricité et sa vente à travers des marchés de gros passent par la participation des entreprises privées au
niveau multinational.
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