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La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
Le dépassement de soi, une question
qui nous dépasse et inquiète ?
Le dopage sportif apparaît comme la partie
émergée d’un iceberg social où la « conduite
dopante » se généralise. Produits alimentaires
« enrichis en… », alicaments, compléments
alimentaires, médicaments détournés vers des
usages sociaux – Prozac
®
, Viagra
®
, hormone
de jeunesse DHEA, Ritaline
® –, la dépendance
psychologique à l’idée que la performance
quotidienne dépend d’une consommation est
riche d’interrogations :
- sur le développement des addictions dans
une société médicalisée ;
- sur la fragile frontière entre le « normal
et le pathologique », si une existence entière
et « socialement intégrée » se déroule
sous médicaments, par exemple des
antidépresseurs ;
- sur la perméabilité du corps humain aux
nouveaux artifi ces chimiques et technologiques
susceptibles d’améliorer la performance.
Du bien-être à la performance, de l’entretien de
soi au refus de vieillir, de la sculpture du corps
à l’expérimentation des limites, on voit à quel
point le thème sportif de l’amélioration est bien
la fi gure de proue d’un thème social.
Notre première interrogation concerne cette
société qui vit déjà, presque naturellement,
non dans le dopage, mais dans une « attitude
dopante ». Notre propension à consommer
systématiquement, voire compulsivement,
des produits dont on nous dit qu’ils sont bons
pour nous, pour être en forme, des choses très
simples et anodines à des choses qui le sont
moins.
Deuxième axe de questionnement : quelles sont
les limites du corps humain et y a-t-il encore
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