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La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
profi le la question du dopage
(voir les Chapitres de M.-F.
Grenier-Loustalot et J.-L.
Veuthey), sans pour autant
dire que celui-ci est moralement, légalement, médicalement légitime. Les frontières
sont fl oues, on le sait, entre
la diététique, le complément alimentaire, le médicament, la drogue, le produit
dopant. Les listes de produits
interdits existent, elles sont
parfois détournées ou font
l’objet d’exceptions, néanmoins elles existent et il y a
un véritable hiatus sanitaire
entre un dopage qui tue et des
produits qui amélioreraient
le confort de l’athlète ou sa
performance sans le rendre
malade. Néanmoins, la question du dopage est une question limite qui poind dès lors
que l’on envisage que le sport
de haut niveau est engagé
dans un processus de dépassement de soi, son essence
même, et dont la dynamique
ne peut probablement pas
être arrêtée. D’autant qu’il
ne s’agit pas seulement d’un
dopage chimique et pharmacologique tel qu’on le connait
aujourd’hui, mais, peut être
demain, d’un dopage par
manipulation
génétique,
comme signalé par J.-L.
Veuthey. La question des
exosquelettes se pose aussi,
ainsi que celle de l’usage
des nanotechnologies, des
puces électroniques pouvant
éventuellement contrôler des
organes du corps humain. Si
cela se produisait, une autre
tonalité serait donnée à la
question du dopage et à l’objectif de la lutte antidopage.
Le dopage est une question très vaste qui n’est pas
limitée aux stricts faits ponctuels de la lutte antidopage
actuelle ou aux simples questions d’aujourd’hui, mais à
toutes ces questions qui se
poseront demain, un dopage
qui serait non plus seulement
chimique et pharmacologique
mais génétique, prothétique
ou éventuellement animé par
des nanotechnologies.
4.2. Ambivalences
du dépassement de soi
4.2.1. Perspectives historiques
et philosophiques sur la notion
de dépassement de soi
Quelles perspectives concernant le dépassement de
soi ? Nous avons vu qu’une
comparaison entre l’Antiquité
et la Modernité s’imposait
pour bien comprendre ce que
nous vivons actuellement.
Sans doute l’origine des Jeux
olympiques se situe-t-elle
dans l’Antiquité, sans doute
une vraie culture du corps
et des corps a marqué les
sociétés antiques grecque
et romaine, sans doute nous
avons beaucoup emprunté à
des modèles, à des épreuves
qui existaient à cette époquelà, à des modèles esthétiques
qui ont marqué notre histoire
de l’Art. Cependant, les représentations du monde, si l’on
prend les trois paradigmes
15
– astronomique, physique et
médical – sont fondamentalement différentes entre
l’antique et le moderne. Elles
15. Un paradigme est une
représentation du monde, une
manière de voir les choses, un
modèle cohérent de vision du
monde qui repose sur une base
défi nie (matrice disciplinaire,
modèle théorique ou courant de
pensée). C’est en quelque sorte
un rail de la pensée dont les lois
ne doivent pas être confondues
avec celles d’un autre paradigme.
La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
profi le la question du dopage
(voir les Chapitres de M.-F.
Grenier-Loustalot et J.-L.
Veuthey), sans pour autant
dire que celui-ci est moralement, légalement, médicalement légitime. Les frontières
sont fl oues, on le sait, entre
la diététique, le complément alimentaire, le médicament, la drogue, le produit
dopant. Les listes de produits
interdits existent, elles sont
parfois détournées ou font
l’objet d’exceptions, néanmoins elles existent et il y a
un véritable hiatus sanitaire
entre un dopage qui tue et des
produits qui amélioreraient
le confort de l’athlète ou sa
performance sans le rendre
malade. Néanmoins, la question du dopage est une question limite qui poind dès lors
que l’on envisage que le sport
de haut niveau est engagé
dans un processus de dépassement de soi, son essence
même, et dont la dynamique
ne peut probablement pas
être arrêtée. D’autant qu’il
ne s’agit pas seulement d’un
dopage chimique et pharmacologique tel qu’on le connait
aujourd’hui, mais, peut être
demain, d’un dopage par
manipulation
génétique,
comme signalé par J.-L.
Veuthey. La question des
exosquelettes se pose aussi,
ainsi que celle de l’usage
des nanotechnologies, des
puces électroniques pouvant
éventuellement contrôler des
organes du corps humain. Si
cela se produisait, une autre
tonalité serait donnée à la
question du dopage et à l’objectif de la lutte antidopage.
Le dopage est une question très vaste qui n’est pas
limitée aux stricts faits ponctuels de la lutte antidopage
actuelle ou aux simples questions d’aujourd’hui, mais à
toutes ces questions qui se
poseront demain, un dopage
qui serait non plus seulement
chimique et pharmacologique
mais génétique, prothétique
ou éventuellement animé par
des nanotechnologies.
4.2. Ambivalences
du dépassement de soi
4.2.1. Perspectives historiques
et philosophiques sur la notion
de dépassement de soi
Quelles perspectives concernant le dépassement de
soi ? Nous avons vu qu’une
comparaison entre l’Antiquité
et la Modernité s’imposait
pour bien comprendre ce que
nous vivons actuellement.
Sans doute l’origine des Jeux
olympiques se situe-t-elle
dans l’Antiquité, sans doute
une vraie culture du corps
et des corps a marqué les
sociétés antiques grecque
et romaine, sans doute nous
avons beaucoup emprunté à
des modèles, à des épreuves
qui existaient à cette époquelà, à des modèles esthétiques
qui ont marqué notre histoire
de l’Art. Cependant, les représentations du monde, si l’on
prend les trois paradigmes
15
– astronomique, physique et
médical – sont fondamentalement différentes entre
l’antique et le moderne. Elles
15. Un paradigme est une
représentation du monde, une
manière de voir les choses, un
modèle cohérent de vision du
monde qui repose sur une base
défi nie (matrice disciplinaire,
modèle théorique ou courant de
pensée). C’est en quelque sorte
un rail de la pensée dont les lois
ne doivent pas être confondues
avec celles d’un autre paradigme.
