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La chimie et le sport
niveau, lui, ne remet jamais
en question cette dynamique
du dépassement de soi, parce
que le dépassement de soi est
son essence, parce que constitutivement, le sport de haut
niveau fonctionne à partir de la
recherche du dépassement du
record, du dépassement de la
limite. Et pose par conséquent
un problème, non seulement
en termes de réfl exion sur le
dopage, mais aussi en termes
de réfl exion sur la précocité croissante des athlètes,
dans certains sports. Dans
un sport individuel comme le
tennis, des académies privées
fl eurissent partout dans le
monde. Il en existe même en
France, autour de Paris, où
des enfants très jeunes, de
l’âge de la maternelle, trois
ou quatre ans, sont préparés
comme de futurs champions (Figure 16). Ils vivent à
un rythme qui est déjà celui
d’athlètes de haut niveau,
avec, comme conséquence,
une déscolarisation, une
désocialisation. D’autres pays
pratiquent bien plus systématiquement ce « forcing » :
académies chinoises où se
préparent les gymnastes ou
les athlètes de demain dans
une compétition non seulement sportive mais aussi
économique avec le reste du
monde, et en particulier avec
les États-Unis ; académies
des ex-pays de l’Est qui se
sont reconverties dans les
sports professionnels, justement comme le tennis. On voit
poindre un problème majeur,
aussi important que celui du
dopage, celui de la précocité des athlètes, de l’exploitation des enfants. Au-delà
de leur désocialisation et
de leur déscolarisation déjà
Figure 16
Dans certains sports comme la
gymnastique, des enfants très
jeunes sont préparés comme de
futurs champions. Recherche
de la performance parfois au prix
d’une désocialisation ?
scolaire, s’interrogent sur les
rythmes scolaires, la fatigue
des élèves, etc., toute une
thématique qui tourne autour
de l’excès ou du stress. Le
monde
professionnel,
et
notamment celui de l’entreprise, s’interroge aussi sur
les effets pervers de ce culte
du record, de la productivité
exigée de chaque individu
qui a explosé au milieu des
années 1980, en questionnant
le stress, le suicide des salariés, la dépression nerveuse
généralisée.
À la différence de ces milieux,
ceux dans lesquels nous
évoluons, le sport de haut
La chimie et le sport
niveau, lui, ne remet jamais
en question cette dynamique
du dépassement de soi, parce
que le dépassement de soi est
son essence, parce que constitutivement, le sport de haut
niveau fonctionne à partir de la
recherche du dépassement du
record, du dépassement de la
limite. Et pose par conséquent
un problème, non seulement
en termes de réfl exion sur le
dopage, mais aussi en termes
de réfl exion sur la précocité croissante des athlètes,
dans certains sports. Dans
un sport individuel comme le
tennis, des académies privées
fl eurissent partout dans le
monde. Il en existe même en
France, autour de Paris, où
des enfants très jeunes, de
l’âge de la maternelle, trois
ou quatre ans, sont préparés
comme de futurs champions (Figure 16). Ils vivent à
un rythme qui est déjà celui
d’athlètes de haut niveau,
avec, comme conséquence,
une déscolarisation, une
désocialisation. D’autres pays
pratiquent bien plus systématiquement ce « forcing » :
académies chinoises où se
préparent les gymnastes ou
les athlètes de demain dans
une compétition non seulement sportive mais aussi
économique avec le reste du
monde, et en particulier avec
les États-Unis ; académies
des ex-pays de l’Est qui se
sont reconverties dans les
sports professionnels, justement comme le tennis. On voit
poindre un problème majeur,
aussi important que celui du
dopage, celui de la précocité des athlètes, de l’exploitation des enfants. Au-delà
de leur désocialisation et
de leur déscolarisation déjà
Figure 16
Dans certains sports comme la
gymnastique, des enfants très
jeunes sont préparés comme de
futurs champions. Recherche
de la performance parfois au prix
d’une désocialisation ?
scolaire, s’interrogent sur les
rythmes scolaires, la fatigue
des élèves, etc., toute une
thématique qui tourne autour
de l’excès ou du stress. Le
monde
professionnel,
et
notamment celui de l’entreprise, s’interroge aussi sur
les effets pervers de ce culte
du record, de la productivité
exigée de chaque individu
qui a explosé au milieu des
années 1980, en questionnant
le stress, le suicide des salariés, la dépression nerveuse
généralisée.
À la différence de ces milieux,
ceux dans lesquels nous
évoluons, le sport de haut
